Les agences publiques sont plus exposées à une dégradation que les covered bonds
En décembre dernier, il avait fallu trois jours à Standard & Poor’s pour placer sous surveillance négative les titres dont la note est liée à celles des Etats après l’avertissement sur les dettes souveraines de la zone euro. A la suite de la dégradation des notes de plusieurs pays, dont la France, le 13 janvier dernier, le sort de ces titres devrait donc être connu dans les jours à venir.
La France et l’Autriche étant encore notées AA+, les covered bonds adossés à des prêts hypothécaires émis par les banques domestiques ne devraient pas être concernées directement, prévient Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank. Les obligations sécurisées qui refinancent des prêts au secteur public risquent quant à elles une dégradation d’un cran maximum. Les cédulas territoriales de BBVA, jusqu’alors notées AA, seront certainement rétrogradées, d’après Deutsche Bank. Des raisons techniques limiteront cependant l’impact des dégradations souveraines sur le segment des covered bonds. Notant 61 émetteurs d’obligations sécurisées dans le monde, Standard & Poor’s a le plus faible taux de pénétration sur ces titres parmi les trois grandes agences de notation, relève le spécialiste de Deutsche Bank.
Les dégradations effectuées par S&P seront plus lourdes de conséquences pour les émetteurs supra-nationaux et les agences publiques. Les notes de l’Union européenne, du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et de la Banque européenne d’investissement (BEI) devraient être bientôt revues de AAA à AA+. Or, la dégradation du FESF pourrait contraindre les dirigeants de la zone euro à revoir sa structure.
La hiérarchie dans ce segment ne devrait pas être remise en cause mais «il existe un risque de divergence si le sentiment négatif s’accentue», indique la recherche taux de Crédit Agricole CIB. Ainsi, l’allemand KfW et les autres émetteurs allemands et néerlandais, épargnés par S&P, pourraient en profiter, estime Bernd Volk. La BEI et l’Union européenne, compte tenu de leur rôle limité dans la crise de l’euro, devraient aussi se trouver en meilleure position que le FESF. Enfin, la Cades, qui figure parmi les principales agences en termes d'émissions et qui est menacée de dégradation, conservera probablement la qualité de risque de crédit perçue la plus faible parmi les émetteurs cités ci-dessus, prévient CA CIB. Mais ses rendements se sont déjà largement écartés au deuxième semestre 2011.
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