L’Edhec relativise la distinction entre ETF physiques et synthétiques
Les risques doivent être calculés en fonction du niveau de garantie ou de la qualité des actifs en gage, et non du mode de réplication
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Virginie Deneuville
Indices boursiers. Photo: PHB/Agefi
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Alors que l’Esma (Autorité européenne des marchés financiers) doit publier dans les prochaines semaines ses recommandations sur les ETF (exchange-traded funds), l’Edhec-Risk Institute (Edhec) s’est penché sur l’évaluation des risques liés aux fonds indiciels cotés.
Selon une étude de l’institut, la distinction entre les produits de réplication physique (dont le rendement repose sur des actifs physiques) et synthétique (le rendement repose sur un swap), de même que celle entre swaps financés et non financés, n’ont pas lieu d’être. L’Esma étudie actuellement cette possibilité et pourrait envisager d’interdire la vente d’ETF synthétiques aux particuliers.
Ces deux distinctions «sont peu pertinentes et donnent un faux sentiment de sécurité comparative. Quelles que soient les techniques de réplication employées, les ETF sont exposés au risque de contrepartie», relève l’Edhec, qui estime que les investisseurs doivent plutôt se pencher le niveau de la garantie ou la qualité des actifs remis en gage.
Dans ce contexte, les campagnes de certains fournisseurs visant à promouvoir ces distinctions sur la base du risque de contrepartie sont jugées«trompeuses» par l’Edhec, car ne concourant pas à une «bonne prise en compte des risques».
L’institut pointe ainsi du doigt le discours ambigu de BlackRock. Après avoir défendu le rôle positif des dérivés au sein des ETF devant la SEC (Securities and Exchange Commission), BlackRock, qui détient iShares, le plus important fournisseur d’ETF physiques, a fait entendre un discours différent dans le cadre de la consultation lancée par l’Esma. La société de gestion, qui compte parmi ses principaux concurrents européens Lyxor (spécialisé sur les ETF synthétiques), a ainsi plaidé en faveur d’une distinction des modes de réplication.
Plus globalement, l’Edhec estime que les ETF, dont la très grande majorité est gérée dans un cadre Ucits, ne se révèlent pas plus risqués que les fonds Ucits classiques, et offrent un meilleur niveau de protection que des produits commercialisés auprès des particuliers et ne bénéficiant pas du label. Par ailleurs, des directives claires sur la réduction du risque de contrepartie et sur la qualité, la facilité de négociation et la diversification des actifs offerts en garantie devraient être édictées et étendues à l’ensemble des produits Ucits et des produits concurrents, selon l’Edhec.
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