L’écart de rendement entre les financières et les non-financières se creuse
La dette subordonnée pèse en effet sur la catégorie des obligations financières. Le spread devrait avoir tendance à se tasser
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Violaine Le Gall
Les dette des financières ont de moins en moins la cote par rapport aux dettes d’entreprises d’autres secteurs. L’écart de rendement entre ces deux types d’obligations continue en effet de se creuser. Il est à présent bien supérieur au niveau affiché après la faillite de Lehman Brothers. Le spread avait alors atteint un sommet à 164 points de base (pb), d’après les indices obligataires de Merrill Lynch. Après être retombé à 87 pb, il ressort à 225 pb.
Le secteur des obligations financières est en effet plombé par les dettes Tier 1. Depuis le début de la crise, ces dernières, très subordonnées, se sont effondrées sous l’effet des difficultés grandissantes des banques. L’inquiétude est encore montée d’un cran récemment, certaines banques ayant annoncé qu’elles ne rembourseraient pas certains titres hybrides.
«Sur les deux premiers mois de l’année, le prix des obligations Tier 1 a baissé de 37 % en moyenne, ce qui fait suite à un repli du même ordre en 2008», souligne Grégoire Pesquès, responsable de la gestion crédit chez Société Générale AM. Les marges de ces titres culminent dorénavant à plus de 3.100pb. Même si ces obligations ne représentent que quelques points de pourcentage du marché, l’envolée des spreads se répercute lourdement sur la performance des dettes financières dans leur ensemble.
Les récentes annonces ont également touché les dettes lower Tier 2. Cette faiblesse pourrait constituer une opportunité. «Ces dernières nous semblent intéressantes à moyen terme mais il faut pouvoir supporter le manque de liquidité et la forte volatilité de ce marché», ajoute Grégoire Pesquès.
Les dettes senior des financières ont été épargnées par les récents mouvements. Du coup, l’écart de rendement entre ces dernières et les non-financières diminue, lui, depuis plusieurs mois. Après avoir atteint 129pb en octobre dernier, le spread est retombé à 56pb. Il oscillait entre 20 et 40pb avant le déclenchement de la crise des subprime en 2007.
«Cet écart pourrait avoir tendance à se tasser à l’avenir, estime Michael Hayat chez SGAM. Les dettes financières ont en effet déjà lourdement souffert de la crise qui atteint à présent les non-financières, en particulier les titres cycliques.» L’automobile par exemple a été très touchée la semaine dernière par les dégradations par Moody’s des notes de Renault et Fiat dans la catégorie spéculative.
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