Le verrou finlandais au plan grec est en passe de sauter
Réunis demain et samedi en Pologne, les ministres des Finances de la zone euro pourraient au moins avancer sur l’un des volets de la crise grecque: la demande de garanties négociées par la Finlande en échange de sa participation au deuxième plan de sauvetage d’Athènes. Un accord serait en passe d’être trouvé, a confié la ministre des Finances autrichienne, Maria Fekter, à Reuters.
«Des choses ont été préparées au niveau technique. Je pense que ce dossier n’est plus explosif», a confié la dirigeante. En août, Helsinki avait négocié en secret un accord bilatéral avec la Grèce afin que sa quote-part du plan de soutien soit garantie avec du collatéral – par exemple un dépôt en cash –, déclenchant aussitôt un tir nourri de ses partenaires. Pour permettre à la Finlande d’apporter sa contribution sans pour autant léser les autres pays européens, la solution à l’étude est simple dans son principe mais techniquement complexe : faire payer l’utilisation de cette garantie, comme n’importe quelle assurance, et à un prix tel que seul le pays nordique serait tenté d’y recourir. «Cela ne peut pas être un privilège contractuel pour la Finlande, mais plutôt une option que chaque pays peut décider d’utiliser», souligne Maria Fekter.
L’Autriche a en revanche apporté un motif d’inquiétude hier. La rumeur d’un rejet pur et simple du vote de la réforme de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) explique le bref décrochage des marchés actions dans l’après-midi. En fait, une commission parlementaire a empêché l’adoption du projet de loi en procédure accélérée. «Il devrait être possible de convoquer une session spéciale à la fin septembre ou début octobre, a déclaré un porte-parole du ministère des Finances. Cela peut causer un retard, mais pas compromettre la décision».
En attendant la réforme, les outils de soutien européens continuent à fonctionner. L’Union européenne a levé hier 5 milliards d’euros à 10 ans à travers le Mécanisme européen de stabilité (ESM). Barclays, BNP Paribas, Commerzbank, HSBC et UBS ont dirigé le placement. Les fonds levés, à un spread de 4 pb au-dessus de la courbe (et à un taux absolu de 2,756%), financeront intégralement le Portugal. Les comptes européens ont souscrit 86% du placement (dont 23% pour les Français), et l’Asie 12%.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien