Le verrou finlandais au plan grec est en passe de sauter
L’Europe planche sur un système de garantie payante, ouvert à chaque pays, pour qu’Helsinki puisse y recourir sans léser ses partenaires
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Alexandre Garabedian
Réunis demain et samedi en Pologne, les ministres des Finances de la zone euro pourraient au moins avancer sur l’un des volets de la crise grecque: la demande de garanties négociées par la Finlande en échange de sa participation au deuxième plan de sauvetage d’Athènes. Un accord serait en passe d’être trouvé, a confié la ministre des Finances autrichienne, Maria Fekter, à Reuters.
«Des choses ont été préparées au niveau technique. Je pense que ce dossier n’est plus explosif», a confié la dirigeante. En août, Helsinki avait négocié en secret un accord bilatéral avec la Grèce afin que sa quote-part du plan de soutien soit garantie avec du collatéral – par exemple un dépôt en cash –, déclenchant aussitôt un tir nourri de ses partenaires. Pour permettre à la Finlande d’apporter sa contribution sans pour autant léser les autres pays européens, la solution à l’étude est simple dans son principe mais techniquement complexe : faire payer l’utilisation de cette garantie, comme n’importe quelle assurance, et à un prix tel que seul le pays nordique serait tenté d’y recourir. «Cela ne peut pas être un privilège contractuel pour la Finlande, mais plutôt une option que chaque pays peut décider d’utiliser», souligne Maria Fekter.
L’Autriche a en revanche apporté un motif d’inquiétude hier. La rumeur d’un rejet pur et simple du vote de la réforme de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) explique le bref décrochage des marchés actions dans l’après-midi. En fait, une commission parlementaire a empêché l’adoption du projet de loi en procédure accélérée. «Il devrait être possible de convoquer une session spéciale à la fin septembre ou début octobre, a déclaré un porte-parole du ministère des Finances. Cela peut causer un retard, mais pas compromettre la décision».
En attendant la réforme, les outils de soutien européens continuent à fonctionner. L’Union européenne a levé hier 5 milliards d’euros à 10 ans à travers le Mécanisme européen de stabilité (ESM). Barclays, BNP Paribas, Commerzbank, HSBC et UBS ont dirigé le placement. Les fonds levés, à un spread de 4 pb au-dessus de la courbe (et à un taux absolu de 2,756%), financeront intégralement le Portugal. Les comptes européens ont souscrit 86% du placement (dont 23% pour les Français), et l’Asie 12%.
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