Le statu quo de la Banque d’Angleterre surprend les investisseurs
Les membres du Comité de politique monétaire ont choisi de patienter trois semaines supplémentaires avant une action éventuelle.
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Bloomberg
La Banque d’Angleterre a pris jeudi à contre-pied bon nombre d’investisseurs en optant pour le statu quo monétaire. Le Comité de politique monétaire (MPC) de la BoE a pris cette décision à une très large majorité, avec huit voix pour un maintien et une en faveur d’une baisse (celle de Jan Vlieghe). Alors que les marchés s’attendaient à ce que l’institut d'émission agisse sans tarder après le référendum du 23 juin qui a entériné un Brexit, les responsables de la politique monétaire ont préféré se donner un peu de temps. Mais sur le fond, il ne fait guère de doute que le projet annoncé d’une sortie de l’Union européenne exigera des mesures dans un avenir proche. Ce vote «pourrait conduire à une trajectoire significativement plus basse pour la croissance et à une trajectoire plus élevée pour l’inflation que les prévisions établies dans le rapport sur l’inflation du mois de mai», soulignent les membres du MPC.
Pour l’action, il faudra patienter encore au moins jusqu’au 4 août. «En l’absence d’une dégradation supplémentaire du compromis entre le soutien à la croissance et le retour de l’inflation vers l’objectif de manière durable, la majorité des membres du Comité s’attendent à ce que la politique monétaire soit assouplie en août», précise la BoE dans le compte-rendu de sa réunion. «L’ampleur et la nature précises des éventuelles mesures de soutien seront déterminées dans le cadre de l’examen des prévisions et du rapport sur l’inflation d’août», ajoute-t-elle. Des propos qui contrastent avec ceux prononcés dès le 30 juin par Mark Carney et qui avaient nourri les anticipations d’un assouplissement monétaire dès juillet.
«Comme si la situation n'était pas assez volatile et incertaine, le gouverneur de la BoE a jeté de l’huile sur le feu», déplore Alan Clarke, de Scotiabank. Pour Chris Williamson, chef économiste de Markit, la BoE a évité une «réaction réflexe» face au Brexit. «Les responsables de la politique monétaire auront besoin de faire beaucoup plus pour restaurer la confiance et assurer que le moteur de l'économie continue de tourner au cours des mois à venir», assure-t-il. D’autres économistes soulignent que la transition politique outre-Manche, avec de premières déclarations fortes, a rendu moins urgent un assouplissement de la politique monétaire. Le nouveau chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, s’est engagé hier à travailler de concert avec Mark Carney sur un plan coordonné de nature à ramener la confiance (lire aussi page 3).
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