Le soutien au fonds européen suscite déjà des intérêts extérieurs
La création d’un nouveau véhicule (SPV) adossé au FMI, alimenté par des investisseurs extérieurs et destiné à garantir les futures émissions des maillons faibles de la zone euro, a ouvert la voie à une opération séduction de la part des européens notamment vis-à-vis des pays émergents et de la Chine en particulier.
Le coup de téléphone hier du président français à son homologue chinois Hu Jintao et la visite du directeur du FESF à Pékin semblent avoir porté leurs fruits. Avec 3.200 milliards de dollars de réserves de change dont un quart en euros, la Chine envisagerait en effet d’abonder à hauteur de 100 milliards de dollars le SPV, selon le Financial Times. «Si les conditions le permettent alors un montant supérieur à 100 milliards de dollars n’est pas inconcevable» précise Li Daokui, conseiller de la banque populaire de Chine.
Si Li Daokui indique qu’il «est dans l’intérêt de long terme et intrinsèque de la Chine d’aider l’Europe dans la mesure où elle est notre plus important partenaire commercial », il précise que toute contribution sera assortie de garanties solides. «Si nous voyons constamment des manifestations et le chaos, alors la Chine n’aura plus confiance dans la capacité politique de l’Europe» ajoute-t-il. La Russie et le Brésil sont plus prudents et conditionnent leur soutien à une stricte supervision du FMI.
Nicolas Sarkozy a indiqué hier soir qu’une telle perspective ne remettrait pas en cause l’indépendance de la France. «Pourquoi n’accepterions-nous pas que les Chinois aient confiance dans la zone euro et placent une partie de leurs excédents dans nos fonds et nos banques». Mais le son de cloche n’est pas le même outre-Rhin. Le patron de l’association des industriels allemands estime que «demander à un pays extérieur à la zone euro de soutenir l’euro lui donnerai un pouvoir de décision sur l’avenir de la monnaie unique».
La Chine attend le soutien d’autres partenaires. Le Japon, qui a déjà acheté 20% de la dette émise par l’EFSF, est également prêt à apporter son soutien à l’Europe. «Une Europe stable est dans l’intérêt de notre nation » selon le premier ministre nippon. Un bon moyen d’affaiblir le yen qui a atteint des sommets (75,95 contre dollar) malgré l’intervention de la BoJ, mais aussi pour la Chine de soutenir l’euro. Grâce à sa politique de réserve de change «la Chine est arrimée à deux monnaies (l’euro et le dollar), pas une» estime ainsi Bank of America.
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