Le segment du high yield devrait éviter le pire en matière de défaut en 2012
Les défauts d'émetteurs à haut rendement se sont multipliés en fin d’année dernière. La deuxième semaine de décembre a été la période la plus chargée en défaillances depuis 21 mois, d’après l’agence de notation Standard & Poor’s. Compte tenu des cinq défaillances de la deuxième semaine de décembre, le taux de défaut devrait passer de 1,7 % sur douze mois à fin novembre à 1,9 % en 2011 à l'échelle mondiale.
«Ceci marque une rupture avec la baisse continue du taux de défaut sur les huit derniers mois», soulignent les analystes de l’agence. Depuis le pic à 13 % en 2009, la sinistralité s'était en effet progressivement réduite. En 2012, elle pourrait repartir à la hausse.
La crise de la dette dans la zone euro s’est traduite par un durcissement des conditions d’emprunt, qui, généralement, entraîne une augmentation des incidents de paiement. Par ailleurs, les indices de CDS intègrent des taux de défaut beaucoup plus élevés que les niveaux actuels. Le taux de défaut implicite de l’iTraxx Crossover qui suit l'évolution du coût de la protection contre le risque de défaut sur les émetteurs européens les plus risqués, ressort à 13% environ, contre un taux réel de 2,5% à fin novembre en Europe d’après Moody’s.
Toutefois, les spécialistes ne sont pas inquiets. «Il est parfaitement défendable, en dépit des incertitudes majeures qui entourent l’avenir immédiat du système économique et financier mondial, que les prévisions de défaut publiées par les agences de notation restent pour l’heure, même dans un scénario stressé, bien inférieures à ce qu’elles étaient en 2008/09», d’après la recherche crédit de Natixis.
De fait, les émetteurs sont à présent «mieux armés». Sur les deux dernières années, les entreprises sous LBO ont nettement renforcé leurs structures de capital, souligne Deutsche Bank. De plus, les entreprises ont activement mené des restructurations et renégocié leurs covenants, en particulier en Europe. Enfin, les tombées seront encore limitées l’an prochain.
Par conséquent, d’après la banque allemande, le taux de défaut ressortira à un niveau inférieur ou égal à la moyenne historique, qui est d’environ 5%. SG CIB prévoit même une stabilité des défauts, à 2,5%.
{"title":"","image":"77775»,"legend":"EMISSION CREDITS»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Le nouveau péage au détroit d'Ormuz annoncé par Donald Trump le 13 juillet pourrait cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Formez vos bataillonsDifficultés russes, défilé du 14 juillet, Trump moins fermé : le regain d’optimisme européen
Emmanuel Macron a réuni les alliés de la Coalition des volontaires à Paris, avant une nouvelle démonstration d’unité et de forces sur les Champs-Élysées, pour la fête nationale -
DésunionLa gauche italienne se déchire sur la Russie et le réarmement
Derrière la politique étrangère se profile la bataille pour le leadership d’une coalition déjà très divisée -
Remaniement en Ukraine : Ioulia Svyrydenko, la Première ministre, démissionne
Approuvée par le Parlement, la démission de Ioulia Svyrydenko a été confirmée en bonne et due forme. Pour l’heure aucun successeur n’a été désigné. Volodymyr Zelensky veut, lui, « une nouvelle stratégie politique »