Le secteur industriel européen s’installe dans la crise
L’activité du secteur manufacturier européen est toujours morose, malgré une légère amélioration au mois de décembre. Ainsi, l’indice PMI publié par Markit pour la zone euro s’est inscrit à 46,9 en décembre. Certes, il est très légèrement reparti à la hausse par rapport au mois d’avant où il ressortait à 46,4 mais il est toujours bien en dessous de la barre de 50, marquant ainsi la poursuite de la contraction. La baisse de la production est généralisée dans tous les pays couverts par l’enquête. Cependant, elle recule particulièrement en Italie, en Espagne et en Grèce.
Cette baisse s’explique par celle des nouvelles commandes, la septième consécutive. Elle-même est due à un recul de la demande (intérieure comme extérieure), le plus important depuis le deuxième trimestre 2009. Résultat : les professionnels du secteur cherchent à maîtriser leurs coûts et éviter d’être en surcapacité en réduisant leurs effectifs, leurs stocks et le volume de leurs achats.
«Les dernières données de l’enquête confirment le retour de la récession dans le secteur manufacturier de l’eurozone», commente l’économiste en chef de Markit, Chris Williamson. Et d’ajouter: «Tendance particulièrement préoccupante, le taux de contraction des nouvelles commandes est très nettement supérieur à celui de la production». Autrement dit, une fois les commandes antérieures honorées, l’activité du secteur devrait encore se replier dans les prochains mois, sauf si la demande reprend.
Dans ce contexte morose, la situation française, bien que meilleure que celle des pays périphériques, n’est pas vraiment enviable. L’indice PMI, se redresse ainsi de 47,3 en novembre à 48,9 le mois dernier, notamment grâce à un recul moins prononcé des ventes à l’export. Mais l’indicateur reste sous la barre des 50 pour le cinquième mois consécutif. Autre signe trompeur: l’emploi progresse dans l’industrie, mais selon Markit, le taux de création de postes reste marginal et les entreprises signalent une stabilisation de leurs effectifs. Anticipant une baisse de la demande, elles réduisent aussi leurs stocks.
«Nous n’attendons pas d’amélioration à court terme, à cause des incertitudes dans la zone euro et l’augmentation des impôts et taxes en France à partir du premier janvier», commente Manuel Maleki, économiste chez ING. D’autant que les élections pourraient inciter à l’attentisme.
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