Le risque politique attise les inquiétudes sur la dette italienne
Six députés italiens jusqu’ici fidèles à Silvio Berlusconi ont appelé dans une lettre à la formation d’un nouveau gouvernement
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Patrick Aussannaire
La fronde anti-Berlusconi menace. Alors que le sommet du G20 bat son plein, et que le président du Conseil italien était sommé par Paris et Berlin d’y présenter un nouveau train de réformes budgétaires destiné à rassurer les marchés sur la dette du pays, six députés jusqu’ici fidèles à Silvio Berlusconi ont demandé dans une lettre publiée par le Corriere della Sera la formation d’un nouveau gouvernement. «Soutenez une nouvelle ère politique et un nouveau gouvernement qui sera chargé, d’aujourd’hui à la fin de la législature, de mettre en œuvre le programme décidé avec nos partenaires européens, ainsi que les directives émanant de la BCE».
L’une des signataires, Isabella Bertolini, a prévenu que les députés dissidents pourraient ne pas soutenir le budget 2012 lors du vote au parlement mardi prochain. «Le gouvernement actuel ne dispose pas du consensus au Parlement» pour remplir les «engagements pris devant les institutions européennes, le Parlement et le peuple italien». Silvio Berlusconi s’est vu refuser le droit mercredi soir de procéder par décret pour mettre en œuvre les changements promis. Parmi les mesures ciblées, la cession de biens publics, la privatisation de services locaux, les incitations fiscales pour les investissements en infrastructure et la hausse de l’âge de départ à la retraite à 67 ans d’ici 2026.
Or, au G20 le sujet n’est plus la Grèce mais la stabilisation de l’Italie. Arrivé les mains vides à Cannes avec son ministre des finances qui convoite sa succession, Silvio Berlusconi voit sa crédibilité remise en cause de toutes parts. Giulio Tremonti l’a ainsi alerté publiquement. «Je dis que lundi il va y avoir un désastre sur les marchés si vous,Silvio, restez à votre poste. Parce que le problème pour l’Europe et les marchés, que vous le vouliez ou non, c’est vous». Et le président français de rajouter que «lui-même sait par son expérience que la question n’est pas tant le contenu du paquet fiscal mais sa mise en œuvre». L’envoi d’émissaires européens à Rome pour vérifier l’avancement des engagements budgétaires est même évoqué.
Pas de quoi rassurer les investisseurs. Les taux italiens à dix ans ont bondi à 6,4% hier, soit un spread avec le Bund allemand de 462 bp. Si les investisseurs ont pu compter sur un geste de la BCE sur les taux directeurs, Mario Draghi a précisé que le SMP répond à des considérations monétaires et est par nature «temporaire» et «limité» sur ses montants.
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