Le restockage évite à l'économie américaine un bilan 2008 désastreux
Au dernier trimestre, la croissance a chuté de 3,8% sur un an contre -5,5% attendu, le restockage ayant apporté 1,3 point de pourcentage au PIB
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Tân Le Quang
Les Etats-Unis ont très mal terminé 2008. De fait, vendredi, le PIB américain au dernier trimestre a été publié en chute de 3,8% en rythme annualisé, après avoir fléchi de 0,5% au trimestre précédent. Une baisse record depuis 1982. Sur 2008, la croissance ressort à +1,3%, le rythme d’expansion le plus faible depuis 2001. Le net recul trimestriel est cependant moins fort qu’attendu. Alors que le marché attendait un plongeon de 5,5%, le restockage a permis de limiter la casse, sa contribution au PIB atteignant 1,3 point de pourcentage.
Toutefois, «la poursuite du repli de la demande intérieure hors stocks (qui a amputé la croissance trimestrielle à hauteur de 5,2 points) n’a plus été compensée par les exportations nettes (+0,1 point)», note BNP Paribas. La consommation des ménages a reculé de 3,5%. Côté investissement, tous les voyants sont dans le rouge. L’investissement résidentiel a chuté de 23,6%, l’investissement non résidentiel de 19,1% et celui en équipements et logiciels de 27,8%. «Ce qui est plus préoccupant est le retournement de l’investissement de l’immobilier non résidentiel. C’est un signal lourd d’ajustement du cycle des entreprises. Il va durer et pénaliser la croissance sur les prochains trimestres», estime Natixis AM.
Au bout du compte, la constitution involontaire de stocks est, selon ING, annonciatrice d’une contraction significative de l’activité en 2009. Calyon s’attend d’ailleurs à une chute de 4,1% du PIB au premier trimestre. Quant à Natixis AM, il s’attend à une poursuite de la réduction du PIB jusqu'à l'été 2009 avec au moins une chute de 1,6% en 2009.
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