Le recul des prix de l’immobilier américain s’accélère encore
Ils ont baissé de 18,2% en novembre en rythme annuel. Seule une réduction de l’offre pourrait mettre fin à ce mouvement
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Violaine Le Gall
Pas de lumière au bout du tunnel pour l’immobilier résidentiel américain. En novembre dernier, les prix dans vingt grandes villes du pays ont chuté de 18,2% sur un an, d’après l’indice Case-Shiller publié par Standard & Poor’s. Cette nouvelle baisse record fait suite à un repli de 18,1% le mois précédent. Dans onze villes sur les vingt figurant dans l’indice, le recul des prix est inégalé.
Pas d’amélioration en vue non plus en se basant sur les évolutions mensuelles. L’indice baisse pour le 28e mois consécutif, de 2,2% par rapport au mois d’octobre. La détérioration est générale puisque les prix se contractent de plus de 1% dans toutes les villes figurant dans l’indice. C’est à Phoenix et Las Vegas qu’ils se sont écroulés le plus nettement, respectivement de 3,4 et 3,3%.
Depuis le pic du milieu de l’année 2006, les prix se replient de 25,1%. Ils retrouvent ainsi le niveau du début 2004.
Pour les économistes, la chute des prix n’est pas terminée. «Le déclin s’accélère et devrait continuer sur cette voie ces prochains mois», estime Elsa Dargent, à la recherche économique de Natixis. De fait, l’offre demeure élevée compte tenu de la hausse des saisies de biens immobiliers. Parallèlement, l’avancée du chômage et le resserrement des conditions de crédit handicapent la demande.
Pour Dimitry Fleming chez ING Financial Markets, «il y a un peu d’espoir qu’une diminution des taux hypothécaires et que la recherche de rabais par les acquéreurs contribuent à une réduction de l’offre dans le courant de 2009». Toutefois, précise-t-il, la baisse des prix ne pourra s’arrêter que si le surplus d’offre se tarit, ce qui remettrait les vendeurs en position de force.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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