Le profil particulier d’ETF Securities pourrait justifier une valorisation élevée
Selon le Financial Times, le spécialiste des produits indiciels sur matières premières serait en vente pour un milliard de livres
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Florent Le Quintrec
ETF Securities, l’un des leaders européens de la commercialisation de produits indiciels sur matières premières se serait mis en vente. Son fondateur et actionnaire majoritaire, Graham Tuckwell, aurait mandaté la banque Goldman Sachs pour lancer le processus de vente, a rapporté samedi le Financial Times qui cite deux sources proches du dossier. Selon le journal, il en demanderait un milliard de livres (1,6 milliard de dollars) alors que le groupe affichait 28,2 milliards de dollars d’actifs sous gestion début décembre.
«Cela représente environ 5,6% des encours sous gestion. La norme, c’était autour de 3% avant la crise et aujourd’hui, c’est plus près de 2%. Donc si cela était confirmé, cela voudrait dire qu’il en demande plus du double», remarque Tangi Le Liboux, analyste ETF chez Aurel BGC.
Une telle valorisation apparaît donc élevée, mais pas forcément irréaliste au regard du profil particulier de la société. «Ce n’est pas une société traditionnelle car elle fait uniquement des trackers et c’est un segment où la croissance est plus forte donc il peut en espérer un prix plus élevé», observe l’analyste.
Outre le fait de ne proposer que des produits indiciels, ETF Securities se distingue surtout par sa spécialisation sur une niche, près des deux tiers de ses produits proposant de suivre l’évolution des métaux précieux. Graham Tuckwell, ancien banquier spécialiste du secteur minier chez Salomon Brothers, est d’ailleurs à l’origine du plus gros produit indiciel du monde garanti par de l’or physique, ayant aidé à sa création pour le World Gold Council.
ETF Securities pourrait donc profiter de sa position de leader en Europe de la gestion liée à ces valeurs refuges au regard du contexte macroéconomique actuel et de ses conséquences sur les marchés. «Ce qui est intéressant, c’est le timing. Graham [Tuckwell] est un entrepreneur assez malin. Il est possible qu’il estime que la première phase est terminée et que la croissance du secteur des trackers va se calmer. Ce serait donc le bon moment pour vendre», avance Tangi Le Liboux.
Selon le quotidien britannique, Goldman Sachs aurait déjà envoyé des informations aux potentiels candidats, parmi lesquels des gérants d’actifs et des sociétés de capital investissement. Des gérants non présents sur le marché des métaux précieux pourraient être intéressés par ces actifs mais, dans le contexte actuel, la somme évoquée semble difficile à trouver.
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