Le profil de risque des utilities pourrait désormais évoluer négativement
Philippe Lecoq, gérant actions Europe chez Edmond de Rothschild Asset Management
Publié le
Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi surpondérez- vous l’énergie?
Philippe Lecoq: Nos choix dans le secteur pétrolier se portent sur les grandes valeurs intégrées (Eni, Royal Dutch Shell, Total) en raison de la qualité de leur bilan et de leur capacité à maintenir une bonne rémunération des actionnaires. La récente baisse des prix du pétrole engendre un manque à gagner en termes de revenus, mais pourrait aussi remettre en cause un certain nombre de projets d’investissement pour cause de rentabilité insuffisante. La possible réduction de ces budgets permettra de préserver les dividendes. Les grandes valeurs pétrolières devraient donc offrir un profil défensif dans un tel environnement.
Pourquoi vous mettez-vous à l’écart des utilities?
Malgré un caractère défensif en raison d’une faible volatilité des bénéfices, le profil de risque du secteur pourrait évoluer négativement. Les services aux collectivités sont confrontés à la dégradation du marché du crédit qui augmente le coût de financement des importants programmes d’investissement à venir. Certains générateurs d’électricité, tel l’allemand RWE, sont, de plus, contraints d’acquérir des actifs afin d’améliorer leur «mix» de production en matière d’émission de CO2. Ces acquisitions sont la plupart du temps chèrement payées en raison de la rareté des actifs (voir l’exemple récent du néerlandais Essent). En outre, la baisse récente des prix du pétrole et la persistance de leur forte volatilité induit une incertitude supplémentaire sur leurs résultats. Au sein de ce secteur, nous préférons les opérateurs de réseaux dont l’activité est régulée, en Italie notamment (Terna, Snam Rete Gas), pour la visibilité de leurs cash-flows et de leurs dividendes.
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