Le plan d’austérité de Mario Monti est bien reçu par les marchés
Mario Monti n’est pas resté sourd aux incantations de ses anciens collègues. En présentant un nouveau plan pour assainir les comptes publics et doper la croissance hier, il a répondu aux exigences de la Commission qui estimait que le pays devrait faire davantage pour tenir son objectif d’un budget à l’équilibre en 2013.
«Sans ce plan, l’Italie s’effondrerait et tomberait dans la situation de la Grèce», a affirmé le président du conseil et ministre des Finances hier. Les marchés ont en tout cas bien réagi. Les taux italiens à 10 ans sont descendus à 5,9% hier après-midi après avoir atteint 7,25% la semaine dernière (malgré des rachats de la BCE de 3,7 milliards d’euros, tous pays confondus). Soit une détente de 71 points de base sur la seule journée d’hier, et même de 86 pb à 2 ans (à 5,40%). Quant aux CDS à 5 ans, ils se détendaient de plus de 23 pb pour s’échanger à moins de 430 pb, selon Markit.
Le gouvernement de Silvio Berlusconi , tombé début novembre, avait déjà engagé un effort budgétaire de 60 milliards d’euros pour la période 2011-2014. Mais il n’avait pas suffi à apaiser les inquiétudes sur le niveau de la dette (120,6 % du PIB) et du déficit (3,9% du PIB) en 2011. Le nouveau plan prévoit un effort budgétaire de 30 milliards d’euros entre 2012 et 2014. Mario Monti a prévu d’augmenter les taxes sur l’immobilier, l’essence, les biens de luxe, les évadés fiscaux amnistiés l’année dernière et a annoncé une augmentation de la TVA d’environ 2 points. L’âge de départ à la retraite devrait être augmenté à 66 ans d’ici à 2018 et les transferts aux collectivités locales seront réduits.
Le plan comprend aussi 10 milliards d’euros de mesures de soutien à la croissance. Pour éviter l’anémie, Mario Monti prévoit d’encourager l’emploi des femmes et des jeunes et de renforcer le soutien aux PME. Selon les projections gouvernementales, l’activité devrait se contracter de 0,4% à 0,5% en 2012 et stagner en 2013. La Commission est sensiblement plus optimiste: elle table sur une croissance de 0,1% en 2012 et 0,7% en 2013.
«Nous doutons que le plan soit assez ambitieux pour permettre au gouvernement de tenir ses objectifs de réduction du déficit dans les années à venir», estime néammoins Nicola Mai chez JPMorgan. Selon lui, la croissance pourrait être encore plus faible que prévu. Qui plus est, «le plan repose trop sur une augmentation des impôts, il ne fait qu’ébaucher des réformes structurelles».
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