Le partage du capital fait dérailler le projet d’union entre British Airways et Qantas
Les chemins de British Airways et Qantas se séparent. Par le biais d’un bref communiqué commun, les deux compagnies aériennes ont fait part hier de la fin des négociations visant à une fusion. Une décision entérinée visiblement à contrecœur à l’issue de «discussions détaillées», dont l’existence avait été annoncée le 2 décembre, et en dépit des «bénéfices à long terme» dont auraient pu tirer parti les deux groupes.
La semaine passée déjà, le directeur général de Qantas, Alan Joyce, avait concédé que des obstacles importants mettaient en péril la réussite du projet. D’un commun aveu, les compagnies ont en effet annoncé hier ne pas être parvenues à se mettre d’accord pour l’instant sur des «éléments clés» d’un rapprochement. Sans davantage de précisions.
British Airways a pourtant avancé par la suite qu’elle aurait souhaité pouvoir détenir la majorité du futur ensemble. Et une porte-parole de la compagnie britannique a confié qu’effectivement Qantas revendiquait une part majoritaire du nouvel ensemble. De fait, la capitalisation boursière de Qantas surpassait hier celle de British Airways, à respectivement 3,3 et 3,1 milliards de dollars. Pour l’heure, le droit australien impose par ailleurs que les actionnaires locaux doivent rester majoritaires au capital, et qu’une cotation soit maintenue à Sydney.
Mais d’autres obstacles se dressaient, tel le passif du fonds de retraite de British Airways, évalué à plus de 1,5 milliard d’euros, ainsi que les discussions menées par le groupe britannique avec Iberia, car Qantas semblait exclure un mariage à trois. Hier, les deux désormais anciens promis n’en remettaient pas pour autant en cause d’autres pistes, l’un toujours avec Iberia, l’autre de préférence avec une concurrente asiatique.
Les deux groupes ont toutefois assuré poursuivre leur collaboration au sein de leur liaison commune entre le Royaume-Uni et l’Australie ainsi qu’au sein de l’alliance OneWorld.
L’échec du projet d’union constitue un fâcheux contretemps pour le mouvement international de consolidation du secteur aérien, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, sur fond de morosité de la demande et de volatilité du prix des carburants.
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