Les gérants ne consacrent plus que 15% des portefeuilles à ce secteur, un plus bas historique
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Bruno de Roulhac
Jamais les membres du Panel Agefi Secteurs n’ont montré une telle défiance à l’égard des valeurs financières. Et les derniers résultats des banques et des assureurs ne devraient pas les inciter à plus d’optimisme! Les financières pèsent désormais à peine plus de 15% dans leur portefeuille, contre plus de 27% un an plus tôt. Presque tous les intervenants ont abaissé leur pondération. Seul LCF Rothschild est remonté d’un point, mais à 10%, il affiche le plus faible niveau du panel, avec AllianzGlobal Investors France à 9,80%. Une méfiance propre aux gestions du Panel puisque l’indice de référence, le MSCI EMU, affiche toujours un taux de près de cinq points de plus. Le mois dernier, les bancaires et les assureurs ont encore perdu en Bourse respectivement 6% et 16%. Un mouvement qui pourrait perdurer alors que la restructuration du secteur bancaire mondial ne porte pas encore ses fruits, et que les plans de sauvetage, comme celui de Citigroup, font peser un risque de dilution des actionnaires.
En l’absence de visibilité, tant sur l’économie mondiale que sur les marchés boursiers, les gestions confirment une nouvelle fois l’aspect défensif de leur portefeuille. En légère hausse sur la consommation de base (+0,8 point), les gérants reviennent plus massivement sur la consommation discrétionnaire (+1,1 point), même s’ils sous-pondèrent toujours l’indice de référence. Ces deux compartiments pèsent désormais 18,3% (+1,9 point), passant ainsi devant les financières.
Du côté des paris sur l’avenir, l’énergie a toujours la faveur des gestions. Elles anticipent à la fois une remontée des prix du pétrole et le versement de dividendes toujours élevés. Hormis Morgan Stanley, tous les intervenants y consacrent plus de 10% de leur portefeuille, surpondérant de 1,6 point le MSCI EMU. Notamment, Groupama AM a quasi doublé son allocation, passant en un mois de 8,73% à 14,42%.
En revanche, le Panel reste frileux quant à la reprise des secteurs plus cycliques, tels l’industrie et les matériaux de base, qui devraient pourtant profiter des différents plans de relance étatiques. D’ailleurs, seul LCF Rothschild mise toujours sur l’industrie en y consacrant un quart de son portefeuille.
Plus largement, une pure stratégie dividende ne semble plus se justifier, en raison de la réduction, voire de la suppression de toute distribution ou encore d’un versement en titre et non en numéraire. D’ailleurs, les portefeuilles se sont légèrement allégés sur les compartiments des services aux collectivités, des télécoms et de la santé. Plus que jamais, les gestions privilégient le stock-picking et les valeurs aux bilans les plus solides, les moins endettées et s’autofinançant sur leur propres cash flow.
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