Le marché monétaire termine l’année sur la bonne voie
Certains indicateurs retrouvent des niveaux inférieurs à ceux affichés lors de la faillite de Lehman Brothers. Les volumes sont limités
Publié le
Violaine Le Gall
Le marché monétaire continue de se détendre. Les progrès sont notamment visibles sur le Ted spread. L’écart entre le Libor trois mois en dollars et le rendement à trois mois des bons du Trésor américain, est en effet passé sous la barre de 150 points de base (pb) en début de semaine. Il ressort à 145 pb et retrouve ainsi son niveau de mi-septembre, avant la faillite de Lehman Brothers. La pression sur le marché monétaire est nettement retombée par rapport au mois d’octobre où le Ted spread a culminé à 463 pb. L’écart entre le Libor à trois mois et le taux OIS (overnight indexed swap), reflet de la liquidité sur le marché, continue aussi de se resserrer. Il s’établit à 124 points de base.
«Le passage de la fin d’année se déroule calmement, observe un opérateur. Les mesures prises par les banques centrales et les gouvernements pour rassurer le marché ont les effets escomptés». Les garanties apportées par les Etats aux banques pour se financer et la liquidité apportée par les banques centrales permettent d’éviter tout mouvement de panique. «Comme la plupart des émetteurs ont satisfait leurs besoins de financement de court terme, le marché semble serein», ajoute-t-il.
En Europe, la détente sur les marchés monétaires progresse également. L’Euribor à trois mois se rapproche de 3% (3,019%). Début octobre, il avait atteint un plus haut à 5,39%. Depuis, il a pu se resserrer sous l’effet des injections de liquidités de la Banque centrale européenne et des baisses de taux, intégrées avec un décalage. L'écart entre le taux Euribor trois mois et le swap Eonia trois mois se réduit aussi. Il est retombé à 127 pb, contre plus de 160 pb il y a encore quelques semaines. «C’est un signe assez satisfaisant de détente», souligne un spécialiste. En plus d’éléments fondamentaux, les faibles volumes peuvent expliquer l’amélioration observée ces derniers jours.
Mais l’année 2009 ne sera pas sans risque pour le financement à court terme des émetteurs. Certes, la crise de confiance vis-à-vis des banques semble s’estomper. Mais les retombées de la crise sur l’économie réelle devraient entraîner une détérioration de la qualité du crédit. Or, une dégradation pourrait empêcher les émetteurs concernés de vendre des papiers commerciaux ou des certificats de dépôts.
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