Le marché «high yield» en euro reprend espoir avec l’émission de Fresenius
Seuls des groupes solides et bien notés peuvent cependant solliciter les investisseurs. Et le marché secondaire reste illiquide
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Violaine Le Gall
A l’arrêt depuis dix-huit mois, le marché primaire des obligations à haut rendement en euro vient de s’animer avec l’émission de Fresenius. L’allemand a vendu 275 millions d’euros d’obligations à six ans, ainsi que 500 millions de dollars, afin de refinancer une acquisition. Le groupe d’équipements médicaux était un bon candidat pour rouvrir ce marché pour lequel les investisseurs craignent une forte hausse des défauts. Fresenius est noté BB et évolue dans un secteur stable, qui n’est pas touché par la crise. La société, cotée en Bourse, est en outre bien connue en Allemagne. Mises à prix à 93% du pair, les obligations affichent un rendement de 10,25%. Sous l’effet de la demande de la clientèle retail allemande, l’émission, initialement prévue pour 200 millions d’euros, a été revue en hausse.
«Il y a une demande pour les émetteurs high yield de bonne qualité qui offrent un rendement attractif, supérieur à 10%, estime Roman Geiser, gérant chez Threadneedle. D’autres emprunts de groupes de ce type pourraient être lancés. Des sociétés tombées dans la catégorie spéculative récemment et souhaitant restaurer leur bilan pourraient aussi faire appel au marché.» Enfin, des émetteurs moins bien notés pourraient essayer de vendre de nouvelles obligations afin de lancer la restructuration de leur bilan. Ils pourraient remplacer leur dette, notamment bancaire, qui traite souvent à des niveaux distressed autour de 20 à 40 cents.
Le marché high yield en euro reste tout de même sinistré. La capitalisation de l’indice Merrill Lynch euro high yield ne s’élève qu’à 40 milliards d’euros. «Nous sommes assez sceptiques sur les obligations high yield en euros. Le marché secondaire est en effet très illiquide», explique Ulrich Von Auer, spécialiste produits chez JPMorgan AM.
Les perspectives d’augmentation des défauts pèsent en outre sur ce segment. Déjà les activités américaines de LyondellBasell, l’un des membres de l’iTraxx Crossover, ont été placées sous la protection du chapitre 11. A 994 points de base, cet indice qui reflète le coût de la protection contre le risque de défaut des signatures en euro les plus risquées s’est certes éloigné de son plus haut historique (1.117 pb). Mais, pour la recherche crédit de Natixis, il devrait s’écarter vers 1.200 pb minimum.
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