Le marché des convertibles espère de nouvelles émissions après une année décevante
Les obligations convertibles en actions ont bien joué leur rôle de protection pendant le trou d’air sur les marchés actions de l'été 2011. Sur l’année, alors que l’indice actions MSCI World reculait de 7,8 %, l’indice d’UBS sur ces titres hybrides à l'échelle mondiale n’a perdu que 3,32 %. Il s’agit toutefois de la première contre-performance pour la classe d’actifs depuis 2008. L’indice de référence avait alors chuté de 25 %, les sorties massives et brutales des hedge funds, qui avaient investi dans les convertibles à grand renfort de dette, ayant accéléré le mouvement.
Depuis, le marché a échappé à des mouvements aussi brutaux, les hedge funds ne représentant plus que 40% des volumes, contre 80% en 2008, et ayant fortement réduit l’effet de levier.
Pour l’heure, les obligations convertibles sont plutôt bon marché en Europe et en Asie, les options inclues dans les produits étant sous-valorisées. Mais une incertitude plane sur la classe d’actifs. Avec des émissions inférieures aux remboursements, le gisement est en train de se réduire, ce qui crée certes un effet rareté, mais préoccupe les gestionnaires.
Dans un contexte de taux bas, les émissions ont reculé en 2011 de 46 % à 7,5 milliards d’euros dans la zone Europe, Afrique et Moyen-Orient (Emea), pour des tombées de 14,9 milliards d’après Barclays Capital. En Asie, 12,7 milliards de dollars de titres ont été placés, en baisse de 14%, pour 16,4 milliards de titres arrivant à échéance. Aux Etats-Unis, les émissions ont diminué de 31% à 24 milliards. Cette année, les tombées seront encore importantes, de 9,1 milliards d’euros dans la zone Emea, de 15,4 milliards de dollars en Asie et de 35 milliards aux Etats-Unis.
Les spécialistes espèrent que 2012 sera plus porteuse. «Les banques devenant plus sélectives pour accorder des prêts, la désintermédiation pourrait progresser en Europe et en Asie, explique Nathalia Barazal, responsable de la gestion obligations convertibles chez Lombard Odier IM. Les obligations convertibles pourraient en profiter.» Le manque d'émissions n’a pas pour autant amené la gérante à utiliser des convertibles synthétiques. Les spécialistes attendent particulièrement un rebond des émissions convertibles de groupes de la catégorie haut rendement qui devront refinancer d’ici à 2015 d’importantes lignes arrivant maturité.
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