Le Japon s’achemine vers une quatrième rallonge budgétaire
Et de quatre. Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a demandé l’élaboration d’un quatrième collectif budgétaire pour aider l’économie à faire face aux conséquences du yen fort et à l’impact sur l’activité des inondations qui ont paralysé l’économie. Il s’agit d’un record, la dernière fois que Tokyo a voté quatre rallonges budgétaires datant de 1947. Le ministre des Finances, Jun Azumi, a précisé que le montant de cette nouvelle rallonge budgétaire «ne devrait pas être inférieure à 2.000 milliards de yens», soit environ 20 milliards d’euros. Elle sera votée avant la fin de l’année fiscale en mars 2012. Les trois précédentes rallonges atteignaient déjà un total de 18.000 milliards pour un programme de rachats d’actifs de la part de la BoJ de 15.000 milliards.
Si le gouvernement n’a donné aucune indication précise sur le financement de ses mesures, il a néanmoins précisé qu’il ne devrait pas nécessiter de nouvelles émissions d’obligations. «Il devrait donc s’agir essentiellement de redistribution de dépenses», estime Aurel BGC. Et Barclays d’ajouter qu’en «ne dépendant pas de nouvelles émissions obligataires pour financer la rallonge, le gouvernement évitera toute contestation politique».
Pour autant, le gouvernement a dû consentir hier un taux de 1,1% lors de l’adjudication de 2.200 milliards d’obligations à 10 ans, contre 1% en septembre et novembre. Même si les taux restent parmi les plus bas au monde avec les taux suisses, cette hausse récente fait écho aux alertes du FMI indiquant que «dans le cas où le rendement des obligations d’Etat (JGB) augmenterait, la dette du pays pourrait vite devenir insoutenable». Les investisseurs étrangers ont vendu pour un montant net de 259,1 milliards de JGB pour la deuxième semaine consécutive.
Jun Azumi n’a pas cédé hier à la pression du patron de Nissan qui a exhorté mercredi la BoJ à suivre l’exemple suisse pour limiter la hausse du yen, en indiquant qu’il n’y aura pas de changement à la politique de change. Carlos Ghosn s’est alarmé du fait «qu’il n’y pratiquement aucun profit dégagé de la vente de voitures construites au Japon et vendues à l’étranger». En se joignant à l’intervention des grandes banques centrales mondiales, la BoJ a relancé les spéculations sur une possible monétisation de la dette qui aurait le double avantage de sortir le pays de la déflation et de dévaluer le yen.
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