Le gouvernement japonais presse la BoJ de l’aider à relancer l’économie
Le ministre des Finances a exhorté la banque centrale à prendre des mesures pour résoudre les problèmes de liquidité et restaurer la confiance
Publié le
Alexandre Boksenbaum
La réponse n’a pas tardé. A l’heure où l’Archipel est en récession et où le gouvernement japonais lance son second plan de relance, celui-ci a peu goûté les résultats catastrophiques du Tankan, qui ont montré un effondrement de la confiance des dirigeants des grandes entreprises. Le ministre des Finances a ainsi exhorté la Banque du Japon (BoJ) à prendre les mesures nécessaires pour relancer l’économie, résoudre les problèmes de liquidité et restaurer in fine la confiance.
Se défendant de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale, Shoichi Nakagawa a expliqué que la Banque du Japon et le gouvernement devaient être proches l’un de l’autre dans la conduite économique du pays. Une nécessité, pour ne pas dire une obligation légale, selon le ministre, qui espère que la banque centrale «en tirera les conclusions appropriées lors de ses deux jours de réunions» en fin de semaine, et répondra ainsi favorablement aux exigences gouvernementales.
Cette sortie n’a rien d’improvisée, la presse nippone ayant relayé à plusieurs reprises des demandes répétées dans ce sens du gouvernement à l’adresse de la BoJ. Le gouvernement reproche notamment à l’autorité monétaire de ne pas en faire suffisamment pour détendre le marché du crédit et permettre aux entreprises de se financer plus facilement, les laissant ainsi à court de liquidités. Pour Mari Iwashita, chef économiste chez Daiwa Securities SMBC, le premier ministre japonais cherche surtout à montrer son leadership en introduisant simultanément une politique monétaire et fiscale. Or comme Taro Aso doit composer avec son affaiblissement politique et des contraintes fiscales, «il se tourne en dernier ressort vers la banque centrale».
La marge de manœuvre de la BoJ est toutefois aujourd’hui très réduite avec un taux d’intérêt à 0,30%. Même si plusieurs spécialistes se sont prononcées en faveur d’une baisse de ce taux, d’autres mesures sont à l’étude, parmi lesquelles figure la reprise de papiers commerciaux. Selon le quotidien Nikkei, comme la Fed aux Etats-Unis, l’autorité monétaire pourrait ainsi acheter des billets de trésorerie émis par les entreprises ainsi qu’un supplément d’emprunts d’Etat à long terme, et enfin accepter une plus large gamme de nantissements pour ses prêts. Des décisions qui pourraient intervenir à l’issue des deux jours de réunion du conseil de la BoJ.
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