Le G20 pourrait utiliser les DTS pour accroître la puissance de l’EFSF
Le FMI pourrait allouer de nouveaux droits de tirage spéciaux (DTS), qui seraient utilisés pour renforcer le Fonds. L’Allemagne s’y oppose
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Jérémie Marais, à Cannes
Les chefs d’Etat du G20, réunis à Cannes les 3 et 4 novembre, ont trouvé un accord pour «réfléchir et travailler sur les modalités de collaboration entre le FMI et le Fonds européen de stabilité financière (EFSF) afin d'élargir les capacités du Fonds européen», a affirmé Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet, bien que le communiqué ne fasse pas mention d’une telle collaboration. «Les droits de tirage spéciaux (DTS) sont clairement identifiés», a-t-il ajouté.
L’idée est que le FMI procède, comme en 2009, à une allocation de DTS, que les Européens utiliseraient pour renforcer l’EFSF au cas où la crise de la dette se propage à l’Italie. Il n’y a presque pas de pays qui souhaitent participer au Fonds européen directement, a reconnu la chancelière allemande Angela Merkel. L’Eurogroupe se réunit aujourd’hui pour accélérer la réforme de l’EFSF.
Les Etats-Unis seraient favorables à la solution des DTS, selon un officiel français, notamment parce que le gouvernement n’aurait pas besoin d’obtenir l’assentiment du Congrès. En revanche, l’Allemagne y est opposée car cela reviendrait à monétiser la dette européenne avec les réserves des membres du FMI, ce que le même officiel ne réfute pas. Une autre difficulté, juridique, devrait être levée. «Pour que le FMI alloue des DTS, il faudrait qu’il y ait un problème de liquidité avéré», explique un autre délégué.
Faute d’accord, les chefs d’Etat ont demandé à leurs ministres des Finances de travailler d’ici à février à trois options pour s’assurer que le FMI ait les ressources adéquates pour jouer son «rôle systémique» : outre l’allocation de DTS, des contributions bilatérales et l’abondement d’une structure spéciale comme un compte administré. Une dizaine d’Etats, dont le Royaume-Uni, la Russie et l’Australie, ont annoncé qu’ils étaient prêts à augmenter leurs contributions, selon le délégué.
Le G20 n’a pas réussi à annoncer de chiffre, mais le Fonds pourrait obtenir près de 350 milliards de dollars supplémentaires, toujours selon la même source. «Le FMI prête à des pays et non à des entités juridiques, donc il ne prêtera pas à l’EFSF», a toutefois prévenu sa directrice générale Christine Lagarde. De plus, l’augmentation des quotes-parts décidée en 2010 est encore loin de pouvoir entrer en vigueur, a-t-elle une nouvelle fois déclaré.
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