Le FESF réussit son émission malgré sa potentielle dégradation
Le Fonds européen de Stabilité Financière (FESF) a réussi son pari sans panache. Il placé hier 3 milliards d’euros de titres à trois ans pour aider au financement de l’Irlande et du Portugal. Avec près de 4,5 milliards d’euros d’ordres reçus, la demande a été beaucoup moins importante que lors des premières émissions en janvier et juin 2011.
Néanmoins, le placement a été moins douloureux que celui de novembre où le fonds avait placé 3 milliards d’euros de titres à 10 ans avec une demande tout juste supérieure à ce montant et à 104 points de base au-dessus des taux mid swaps. Hier, l’émission a été placée à 40 points de base au-dessus des taux mid-swaps. «Pour s’assurer du placement du papier, le FESF s’est montré assez généreux en termes de prix, théoriquement il aurait pu offrir 20 points de base de moins», estime Cyrile Regnat chez Natixis.
Depuis qu’il est devenu opérationnel à l’été 2010, le fonds a perdu de son aura même si ses pouvoirs et sa capacité ont été officiellement augmentés au fil des derniers sommets européens. Désormais, il est censé garantir une partie des dettes souveraines grâce à des certificats et agir via des fonds de co-investissement. Mais, depuis l’automne, rien n’a filtré sur l’avancée de ces discussions. Surtout, début décembre, Standard & Poor’s a mis sous surveillance avec implication négative, les pays du fonds notés AAA, qui lui garantissent la même note. Logiquement, elle a infligé le même sort au fonds en indiquant qu’il pourrait être dégradé d’un ou deux crans. Si elle était confirmée, cette dégradation réduirait sensiblement l’appétit des investisseurs pour les obligations du fonds.
Certains arguent que le FESF pourrait tout de même continuer jouer un rôle important grâce au programme d’émissions à 3, 6 et 12 mois annoncé en décembre. Il ne remplace pas le programme de financement à long terme mais doit lui apporter «plus de flexibilité».
Pour Cyril Regnat, «le programme de financement à court terme est une très bonne idée pour pouvoir acheter et vendre des titres souverains sur le marché secondaire». A de telles maturités, le fonds, même dégradé, devrait pouvoir trouver preneur. «Emprunter à court terme, pour prêter à long terme a toujours été une recette désastreuse en temps de stress», mettent cependant en garde les analystes de Credit Suisse dans une note.
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