Le coût de la dette obligataire a progressé de 2 à 4% en un an
Le marché primaire reste très actif malgré les marges que doivent payer les entreprises. Les coupons augmentent surtout pour les industriels
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Violaine Le Gall
Le rythme des émissions obligataires ne faiblit pas. La semaine dernière, 9,35 milliards d’euros de titres ont été vendus par des sociétés non financières. En janvier, pas moins de 40 milliards d’euros devraient être émis, d’après la recherche crédit de Société Générale, ce qui représente déjà la moitié de sa prévision basse d’émissions pour 2009.
Bien accueillies sur le marché primaire, ces obligations profitent ensuite, sur le marché secondaire, d’une demande encore soutenue. «Les nouvelles émissions ont en général surperformé grâce à un fort resserrement lors des premiers jours de trading, et aucune des dernières émissions n’a fait exception à cette règle», soulignent les analystes de Société Générale. Les marges sur la plupart des emprunts réalisés depuis le début de l’année ont baissé de plus de 8% depuis l’émission, d’après les données d’UBS.
Malgré ces bonnes performances sur le marché, les coûts de financement ont augmenté pour les émetteurs ces derniers mois. De fait, «les entreprises paient de 200 à 400 points de base (pb) de plus pour emprunter sur le marché qu’il y a un an», estime Sonam Joshi, stratégiste crédit chez UBS. Le rendement moyen offert par les titres figurant dans l’indice iBoxx des entreprises en catégorie «investissement» est passé de 5% environ il y a un an à 7%. Autour de 10% en janvier 2008, le rendement moyen de l’iBoxx high yield (catégorie spéculative) a grimpé à environ 20%.
Saint-Gobain, noté «BBB+», avait par exemple émis en 2006 à cinq ans pour un coupon de 4,25%. En septembre 2008, le groupe a procédé à une émission sur la même maturité pour 7,25%. Enfin, début janvier, son dernier emprunt à cinq ans offrait un coupon de 8,25%. «L’impact de la hausse du coût de financement sur l’ensemble de la dette restant due est modeste, mais nous croyons que sur la durée, une augmentation substantielle des frais liés à l’emprunt pèsera sur les entreprises», ajoute Sonam Joshi.
La hausse des marges n’est pas la même selon les secteurs. Parmi les utilities, le coupon moyen ne s’est apprécié que de 0,27% sur le dernier trimestre d’après UBS. En revanche, les secteurs de l’automobile et des télécoms ont vu les coupons offerts progresser de 1,93 et 2,10% respectivement. Enfin, dans le secteur industriel, le coupon moyen augmente de 2,40%.
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