Le Chili réussit une rentrée historique sur le marché obligataire
Le gouvernement a placé un milliard de dollars d’obligations à 10 ans au taux de 3,3%, soit un écart avec le 10 ans américain de 130 points de base
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Patrick Aussannaire
Le Chili commence à se faire sa place sur le continent sud-américain. Le gouvernement a réussi à placer hier soir un milliard de dollars d’obligations d’Etat à 10 ans à New-York au taux historiquement bas de 3,3%, soit un écart de seulement 130 points de base (bp) avec le taux 10 ans américain. Le ministre des finances du pays, Felipe Larrain, a indiqué que «nous venons juste de placer un milliard de dollars d’obligations à 10 ans, libellés en dollars, avec un rendement final de 3,3%, soit le taux le plus faible pour une émission chilienne depuis 1882».
Les fonds levés grâce à cette opération serviront à assurer le service de la dette du pays, en phase de reconstruction suite au tremblement de terre qui a ravagé le pays en février 2010. Le gouvernement en a également profité pour émettre 350 millions de dollars supplémentaires sur une ligne obligataire de 5,5% libellée en peso émise l’an dernier avec un rendement de 4,4%. Une opération destinée à accroître la liquidité de l’obligation sur le marché secondaire et favoriser l’internationalisation du peso.
Malgré un écartement des spreads entre le taux 10 ans chilien et américain de 55 bp depuis juillet, l’émission, gérée par Deutsche Bank et HSBC, s’est faite à un taux bien inférieur aux 3,89% qu’avaient dû payer le Chili à sa dernière émission en juillet 2010. «Même si les spreads se sont écartés, le pays profite de la faiblesse des taux américains» explique Siobhan Morden, stratégiste chez RBS Securities. Et de préciser que «le Chili est probablement la meilleure signature au monde». Moody’s attribue la note de «Aa3» aux obligations du pays libellées en dollars, S&P et Fitch les notant un cran plus bas à «A+».
L’économie du pays, très dépendante des exportations de cuivre, a crû de 8,4% au premier semestre. La banque centrale a indiqué hier s’attendre à une croissance comprise entre 6,25% et 6,75% cette année. Elle a également révisé ses prévisions d’inflation à la baisse à 3,3% en 2011, contre 4% anticipé précédemment. Les marchés s’attendent ainsi à des taux directeurs inchangés dans les prochains mois à 5,25%.
Un statu quo qui vient en soutien à l’échec du programme d’intervention sur le marché des changes de 12 milliards de dollars destiné à enrayer l’envolée du peso, revenu sur ses niveaux initiaux, à 463 contre dollar au prix d’une augmentation des réserves de change équivalente à 17% du PIB.
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