Le Belge Peter Praet hérite du poste d'économiste en chef de la BCE
Ni français ni allemand, le nouvel économiste en chef de la Banque centrale européenne sera belge. Ainsi en a décidé son président, l’italien Mario Draghi, qui renvoie ainsi Paris et Berlin dos à dos. La nomination de Peter Praet, membre du directoire de la BCE depuis février 2011 et directeur de la Banque nationale de Belgique pendant une décennie, ressort clairement comme une solution de compromis.
Ancien élève de l’Université libre de Bruxelles où il a décroché notamment un doctorat en économie, il a également été pendant une courte période chef de cabinet du ministre belge des Finances, Didier Reynders, après avoir été économiste en chef à la Générale de Banque et chez Fortis Banque.
Il devient ainsi le premier économiste en chef non-allemand de la BCE, après Otmar Issing et Jürgen Stark, même si ses racines - il est né et a vécu 17 ans outre-Rhin - le rattachent à ce pays. Au nom de la tradition, l’Allemagne voulait placer Jörg Asmussen, tandis que la France poussait la candidature de Benoît Coeuré, ex-numéro deux du Trésor français, pour ce poste stratégique.
Ce dernier pilotera à partir du 1er mars les opérations de marchés en lieu et place de l’Espagnol José Manuel Gonzalez-Paramo qui reste en charge de la supervision des études et des statistiques. C’est donc à Benoît Coeuré que reviendra la responsabilité du programmme hautement sensible de rachat d’obligations souveraines. Jörg Asmussen, de son côté, hérite du portefeuille des relations internationales et européennes. Il représentera notamment l’institution, aux côtés du président et du vice-président, lors des grands sommets européens.
«La BCE a trouvé une très bonne solution pour contourner les querelles nationales», estime Sebastian Wanke, économiste chez Dekabank. «C’est une décision intelligente que de confier à Jörg Asmussen le portefeuille des relations internationales et européennes. Cela deviendra dans les années à venir un domaine plus important que le poste de chef économiste», ajoute-t-il.
Le principal intéressé s’est d’ailleurs dit «satisfait» de ce choix. «Avec le président de la BCE Mario Draghi, je prendrai en charge la gestion à court terme de la crise», a déclaré Jörg Asmussen au journal allemand Bild-Zeitung.
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