L’Allemagne privilégie la maîtrise budgétaire à la relance
Le gouvernement limite à 6 milliards la rédution de l’impôt sur le revenu, en dépit du violent trou d’air conjoncturel
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Patrick Aussannaire
Les marges de manœuvre budgétaires allemandes ne serviront pas la relance avant 2013. La chancelière Angela Merkel a annoncé qu’un accord a été conclu avec ses partenaires de la coalition pour mobiliser 6 milliards d’euros destinés à réduire l’impôt sur les bas et moyens revenus. Un moyen de «remercier nos concitoyens pour les sacrifices consentis durant la crise économique et financière».
L’Allemagne n’est pas épargnée par la crise, avec une croissance qui devrait baisser à environ 1% en 2012. La production industrielle a baissé de 2,7% en septembre. Les nouvelles commandes manufacturières ont enregistré une troisième baisse consécutive de 4,3% en septembre, avec une chute des commandes de la zone euro de 12,1%, signalant une contraction de l’activité au cours des prochains mois. Dans le même temps, l’inflation devrait revenir sous les 2% après l’été 2012 selon BNP Paribas.
«Nous devons renforcer les moteurs de croissance en Europe et nous souhaitons y apporter notre contribution» a ajouté la chancelière, en ligne avec les engagements pris lors du G20 de Cannes. «L’Allemagne mettra en œuvre des mesures destinées à promouvoir la consommation et l’investissement privés, dans le but d’accroître au fil du temps l’importance de ces deux composantes en pourcentage du PIB» selon le communiqué.
Ce programme en deux étapes n’aura cependant pas d’effet immédiat. Une première baisse de l’impôt d’environ 2 milliards sera lancée en janvier 2013. Mais le plus gros du programme, de l’ordre de 4 milliards, n’entrerait en vigueur qu’en janvier 2014.
Or, l’Allemagne bénéficie de marge de manœuvre. La révision à la hausse des recettes fiscales de plus de 16 milliards d’euros par rapport à mai dernier (soit 571,2 milliards en 2011) a conduit le panel ad hoc à réduire de moitié sa projection de déficit à 25 milliards. Sans compter que l’affaire «Hypo Real Estate» devrait réduire les intérêts payés. «Le gouvernement allemand semble ainsi donner une grande priorité à crédibiliser sa volonté de ramener son budget à l’équilibre dès 2014. La relance attendra…» estime Aurel BGC.
Après un déficit de 3,3% du PIB en 2010, Natixis anticipe une réduction à 1,5% cette année et à 1% en 2012. Ce qui permettrait de ramener la dette sous les 80% du PIB en 2012. Dans le même temps, les émissions seront réduites de 323 milliards en 2010 à 284 milliards en 2011 et 260 milliards en 2012.
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