L’Allemagne privilégie la maîtrise budgétaire à la relance
Les marges de manœuvre budgétaires allemandes ne serviront pas la relance avant 2013. La chancelière Angela Merkel a annoncé qu’un accord a été conclu avec ses partenaires de la coalition pour mobiliser 6 milliards d’euros destinés à réduire l’impôt sur les bas et moyens revenus. Un moyen de «remercier nos concitoyens pour les sacrifices consentis durant la crise économique et financière».
L’Allemagne n’est pas épargnée par la crise, avec une croissance qui devrait baisser à environ 1% en 2012. La production industrielle a baissé de 2,7% en septembre. Les nouvelles commandes manufacturières ont enregistré une troisième baisse consécutive de 4,3% en septembre, avec une chute des commandes de la zone euro de 12,1%, signalant une contraction de l’activité au cours des prochains mois. Dans le même temps, l’inflation devrait revenir sous les 2% après l’été 2012 selon BNP Paribas.
«Nous devons renforcer les moteurs de croissance en Europe et nous souhaitons y apporter notre contribution» a ajouté la chancelière, en ligne avec les engagements pris lors du G20 de Cannes. «L’Allemagne mettra en œuvre des mesures destinées à promouvoir la consommation et l’investissement privés, dans le but d’accroître au fil du temps l’importance de ces deux composantes en pourcentage du PIB» selon le communiqué.
Ce programme en deux étapes n’aura cependant pas d’effet immédiat. Une première baisse de l’impôt d’environ 2 milliards sera lancée en janvier 2013. Mais le plus gros du programme, de l’ordre de 4 milliards, n’entrerait en vigueur qu’en janvier 2014.
Or, l’Allemagne bénéficie de marge de manœuvre. La révision à la hausse des recettes fiscales de plus de 16 milliards d’euros par rapport à mai dernier (soit 571,2 milliards en 2011) a conduit le panel ad hoc à réduire de moitié sa projection de déficit à 25 milliards. Sans compter que l’affaire «Hypo Real Estate» devrait réduire les intérêts payés. «Le gouvernement allemand semble ainsi donner une grande priorité à crédibiliser sa volonté de ramener son budget à l’équilibre dès 2014. La relance attendra…» estime Aurel BGC.
Après un déficit de 3,3% du PIB en 2010, Natixis anticipe une réduction à 1,5% cette année et à 1% en 2012. Ce qui permettrait de ramener la dette sous les 80% du PIB en 2012. Dans le même temps, les émissions seront réduites de 323 milliards en 2010 à 284 milliards en 2011 et 260 milliards en 2012.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. 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