L’Allemagne et la Grande-Bretagne ne parviennent pas à régler leurs différends
A l’issue de sa visite vendredi à Berlin, le Premier ministre britannique a déclaré : «l’Allemagne a ses intérêts, comme la Grande-Bretagne a les siens». La chancelière Angela Merkel, visiblement soucieuse d’éviter la rupture, a multiplié de son côté les déclarations d’amitié, soulignant que l’Allemagne veut une Europe avec la Grande Bretagne. Mais elle a dû avouer que la rencontre n’avait permis aucun rapprochement sur les questions qui fâchent.
Tel est notamment le cas de l’instauration d’une taxe sur les transactions financières favorisée par Berlin et Paris, ainsi que de l’extension du rôle de la Banque Centrale Européenne (BCE) dans la lutte contre la crise. Une demande strictement rejetée par l’Allemagne qui craint qu’un rachat massif de dettes par la banque de Francfort ne relâche la pression sur les pays concernés de réduire leurs déficits.
La visite David Cameron a eu lieu dans un contexte tendu. Mercredi Volker Kauder, le chef du groupe parlementaire CDU au Bundestag, avait suscité la colère à Londres pour avoir osé attaquer le refus de la Grande-Bretagne de transiger sur la question d’une taxe sur les transactions financières. «Ne penser qu’à son propre intérêt et manquer de solidarité ne peut pas être le message que nous accepterons des Britanniques», avait-il dit lors du congrès de son parti à Leipzig. Et vendredi, «Bild» s’interrogeait : «pourquoi les Britanniques restent-ils dans l’Union Européenne?».
Lors de la conférence de presse commune avec la chancelière, David Cameron a rappelé que «l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union Européenne est pour nous d’une importance primordiale comme nous avons un grand intérêt à ce que l’Euro demeure un succès», ajoutant que «nous sommes en accord sur la direction générale».
Dans ce contexte Angela Merkel n’a évoqué qu’au détour d’une phrase le troisième sujet de contentieux, la modification des traités européens voulus par l’Allemagne pour renforcer la discipline budgétaire. Berlin et Londres se sont donc bornés à préconiser un meilleur contrôle des critères de stabilité prévus par le traité de Maastricht.
Reste que rien n’indique pour l’instant comment les deux pays pourraient parvenir à régler leurs différends avant le prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union européenne le 9 décembre prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Bpifrance innove avec les premières obligations ESN dédiées aux PME
La banque publique a réussi le 9 juin une émission inaugurale stratégique d’«European Secured Note» (ESN). Ce programme-test pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le financement des PME, si important pour la Commission européenne dans le cadre de l’Union des marchés de capitaux. -
La correction sur la tech s’amplifie
Le Nasdaq a poursuivi sa baisse mardi tandis que la Bourse de Séoul a chuté de 10%, affectée par les ventes massives des particuliers qui investissent avec du levier. -
L’Europe a tous les atouts pour affirmer sa souveraineté économique
Le cabinet d’intelligence économique Vélite invite à passer à l’action. La coopération européenne et le développement d’une souveraineté numérique française constituent des axes clés. -
GP Score nomme un directeur des relations avec les gérants francophones
Le spécialiste de l'évaluation des capacités opérationnelles des gérants de private equity accueille Arthur Derderian pour développer ses relations en France et dans les pays francophones. -
L'euro numérique passe son baptême du feu au Parlement européen
Après un report d'un mois, la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a voté en faveur de l'euro numérique. -
EssilorLuxottica et Meta veulent démocratiser les lunettes intelligentes
Les deux groupes ont annoncé le lancement d'une nouvelle gamme, les Meta Glasses, pour tenter d'élargir leur clientèle pour ce type de produits.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
- AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
Contenu de nos partenaires
-
Sur le filCorse : la France insoumise offre une victoire décisive aux autonomistes
Octroyant un statut d’autonomie à l’île, le projet de révision constitutionnelle défendu par le gouvernement a été approuvé par les députés. Le plus dur reste à venir pour le camp des autonomistes -
L'été meurtrierCongé climatique, virage sur la clim… l'idéologie des Verts à l'épreuve de la canicule
Les fortes chaleurs ont poussé Marine Tondelier, la leader des Ecologistes, à revoir certains dogmes sur l’adaptation au réchauffement climatique. Manifestement pas son rapport à la valeur travail. -
Récit nationalLe message caché de Macron derrière ses panthéonisations
Chaque entrée au Panthéon donne l'occasion au chef de l'Etat de s'adresser au pays pour écrire le récit national d'une Ve République héritière de la Résistance, des Lumières et de l'universalisme