La Finanzagentur prévoit de placer 323 milliards d’euros, contre 220 milliards cette année. Un montant qui risque d'être revu à la hausse
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Alexandre Garabedian
Il fallait s’y attendre. Le programme d’émission de l’Allemagne pour 2009, publié hier, atteindra des niveaux jamais connus depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. La Finanzagentur, qui gère la dette de l’Etat outre-Rhin, prévoit de placer 323 milliards d’euros de titres l’an prochain, contre 220 milliards d’euros cette année. Et encore cette enveloppe se base-t-elle sur une prévision de besoins nets fédéraux de 18,5 milliards. Un chiffre lui-même fondé sur une prévision de croissance du PIB de 0,2% l’an prochain qui apparaît totalement illusoire. Steffen Kampeter, le porte-parole de la CDU, a d’ailleurs indiqué mardi que les besoins de financement bruts s’élèveraient plutôt à 340 milliards d’euros en 2009.
L’accroissement du programme allemand se fera surtout sur les titres de maturité inférieure à un an. Ceux-ci représenteront 174 milliards d’euros l’an prochain. Un porte-parole de la Finanzagentur a indiqué que le gouvernement entendait «améliorer la liquidité à court terme nécessaire à une stabilisation du marché financier». Les émissions de Schatz (2 ans), Bobl (5 ans) et autres Bunds (10 ans et au-delà) passeront quant à elles de 141 à 149 milliards d’euros. La Finanzagentur compte placer entre 6 et 10 milliards d’indexés sur l’inflation, et rouvrira la ligne 30 ans émise cette année.
L’accueil réservé au papier allemand, qui sert de référence en Europe, sera regardé de près, alors que les investisseurs vont être inondés en 2009 d’emprunts d’Etat destinés à financer programmes de relance et sauvetages bancaires. Début décembre, même le Schatz avait peiné à trouver preneur en raison de sa relative cherté.
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