L’Afrique du Sud flirte avec la catégorie spéculative
Le pays a échappé à la dégradation de sa note par Fitch, mais l’agence a dégradé sa perspective à négative. En attendant la décision de S&P.
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Antoine Landrot
Les banques françaises sont vouées à séparer au sein d’une filiale dédiée leurs activités dites «spéculatives». Crédit Fotolia.
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Si l’Afrique du Sud a échappé à une dégradation de sa qualité de crédit, elle se rapproche néanmoins dangereusement du statut de valeur spéculative. Maintenant la note financière de la première économie d’Afrique à BBB-, soit un cran seulement au-dessus de la catégorie spéculative (ou junk), l’agence Fitch Ratings a néanmoins dégradé vendredi sa perspective de « stable » à « négative ».
« Les risques liés aux normes de bon gouvernement et à l’action publique ont augmenté et ils resteront élevés au moins jusqu’à la conférence électorale du Congrès national africain (ANC) de décembre 2017, pénalisant la performance macroéconomique du pays », explique l’agence de notation. Au cours de cette conférence, l’ANC doit se doter d’un nouveau responsable, qui sera le candidat le plus sérieux pour succéder au président controversé Jacob Zuma à la tête du pays en 2019. Les luttes internes que cette conférence ne manquera pas de susciter « vont distraire les responsables politiques et se traduire par des messages confus, qui continueront à dégrader le climat des affaires, pesant ainsi sur la croissance », poursuit Fitch.
L’économie du pays est victime de la chute des cours des matières premières : son PIB n’a progressé que de 1,3% en 2015 et, selon l’agence de notation, il devrait croître d’un petit 0,5% cette année. Elle prévoit un léger redressement à partir de 2017 (+1,3% puis +2,1% en 2018). Mais cela reste insuffisant avec un chômage à 27,1%.
Quelques heures après Fitch, Moody’s a maintenu son opinion sur l’Afrique du Sud, tant la note (Baa2, deux crans au-dessus de la catégorie spéculative) que la perspective, déjà négative. Toutefois, son opinion n’est pas plus optimiste. Soulignant le contexte politique, Moody’s précise que la croissance limitée et l’affaiblissement du Rand, la devise sud-africaine, accroissent le ratio d’endettement du pays (44% selon Bloomberg). Et l’agence avertit : « la note de l’Afrique du Sud serait probablement dégradée en l’absence de réformes structurelles essentielles pour assurer une croissance supérieure à moyen terme. L’accumulation continuelle de dette publique et de passifs seraient également des éléments défavorables ». Le Trésor sud-africain a averti ce mois-ci que le coût de ses emprunts pourrait doubler ou tripler si le pays était dégradé en catégorie spéculative.
Tous les regards se portent maintenant sur Standard & Poor’s, qui note actuellement l’Afrique du Sud un cran au-dessus du statut junk et publiera sa décision le 2 décembre. En avant-goût, elle a dégradé la note de la compagnie publique d’électricité Eskom.
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