« L’action d’ancrage du franc suisse par la SNB pourra durer quelques mois »
Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Pourquoi tablez-vous sur une baisse de l’euro/dollar à 1,30 d’ici six mois ?
Valérie Perez: Nous sommes passés modérément baissiers à 1,32/1,35 sur les quelques semaines à venir, et ce pour plusieurs raisons. Le discours accommodant de la BCE début septembre continue de peser sur les anticipations de taux d’intérêt : plus aucune hausse des taux n’est attendue avant 12 mois, ce qui favorise le choix de l’euro comme devise de financement dans les opérations de portage. Les récents chiffres d’activité dans la zone euro viennent conforter ce sentiment. La crise de la zone euro, le risque politique autour du sauvetage de la Grèce et de l’étendue de la réforme de l’EFSF sont propices à un climat de stress et à la hausse de la volatilité, deux facteurs généralement plus favorables à la hausse du dollar qu’à l’euro. Enfin, les flux directs d’investissement sur les marchés émergents se ralentissent, ce qui réduit le besoin de diversification en euros de ces banques centrales. Cependant, les niveaux de taux d’intérêt américains ainsi que la dégradation de la note des Etats-Unis ne permettront pas l’établissement d’une tendance très haussière du dollar.
Combien de temps l’ancrage du franc suisse à l’euro peut-il durer ?
L’action de la SNB début septembre est sans précédent et très crédible, au moins sur le court terme, et pourra durer quelques mois. Nul doute qu’elle interviendra sur le marché pour des montants illimités pour défendre ce niveau. La limite à cette décision tient aux pertes de change qu’elle peut supporter dans son bilan, et au fait de subordonner son objectif initial de stabilité des prix au nouvel objectif de maintien du taux de change.
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