La volatilité du Bund reste exceptionnellement élevée
L’absence de perspective favorable à court terme dans la résolution de la crise de la dette maintient la volatilité sous pression
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Hervé Le Téno, Newedge
Alors que le rôle dévolu à la BCE dans la gestion de la crise est devenu prépondérant, notamment par l’achat d’obligations périphériques et l’apport de liquidité, l’institution paraît plus fragile que jamais. L’infléchissement brutal de la politique monétaire, les dissensions internes mises au jour à la suite du départ de Jürgen Stark ainsi que la fin du mandat de Jean-Claude Trichet ajoutent à l’environnement actuel une forte incertitude.
Dans ce contexte, la volatilité implicite (VI) du Bund à 60 jours ne peut guère baisser. Elle se situe à 10,2%, légèrement en-dessous des 12%, dernier sommet atteint courant août après les premières rumeurs d’abandon de l’euro par la Grèce mais très au-dessus du couloir dans lequel elle évoluait depuis plus d’un an (entre 5 et 7%).
En revanche, contrairement à la situation observée au mois d’août, le profil actuel du smile de volatilité est neutre. Alors qu’un fort skew sur les calls traduisait une demande exacerbée de couverture contre la poursuite de la baisse des rendements obligataires, les strikes très en dehors ne sont plus aussi recherchés ce qui laisse supposer que le marché ne croit plus à une poursuite du «fly to quality». De même, un ratio volatilité implicite / volatilité historique proche du pair prouve que si le niveau absolu de la VI reste élevé, le supplément de rémunération exigé par les vendeurs d’options pour faire face au risque s’est fortement réduit.
Enfin, la comparaison des niveaux de volatilité de chaque côté de l’Atlantique démontre que la cherté de la volatilité en Europe est spécifiquement liée à crise de la dette souveraine. Sur une maturité de 5 ans par exemple la VI du Bobl est proche du double de celle du T-note 5 ans. Cette configuration pourrait être interprétée comme une opportunité de profit pour ceux qui croient à un dénouement proche de la crise.
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