La Suède enquête sur la frontière entre gestion active et gestion passive
La rémunération de certains gérants d’actifs continue de faire couler de l’encre. Alors qu’un organe de défense des consommateurs britanniques avait appelé en novembre à davantage de transparence, le gouvernement suédois a décidé d’étendre son enquête sur les fonds d’investissement. Annoncée le 19 mars, cette extension vise notamment les «closet trackers», ces fonds qui répliquent un indice tout en facturant des frais identiques à ceux de la gestion active.
«Il devrait être facile aux investisseurs de comprendre ce dans quoi ils investissent», a souligné dans un communiqué Per Bolund, le ministre des Marchés financiers et de la Consommation. «Des standards élevés de transparence et des informations précises sont nécessaires pour que les investisseurs prennent de bonnes décisions», a-t-il ajouté.
Cette enquête étendue, qui est conduite par la juge de la Cour suprême Ann-Christine Lindeblade, ambitionne de cartographier les frais de gestion dans une «sélection de fonds activement et passivement gérés». Elle analysera en outre comment les sociétés de gestion font la publicité de leurs fonds auprès des investisseurs et justifient de frais plus élevés. La juge étudiera aussi les informations dont les investisseurs ont besoin pour «comprendre clairement» la différence entre fonds actifs et passifs. L’enquête proposera «des améliorations potentielles aux informations fournies aux investisseurs, ou d’autres mesures susceptibles d’éclairer leur prise de décision».
L’extension de l’enquête suédoise intervient alors que le Financial Services Consumer Panel (FSCP) avait appelé le gouvernement et la FCA, le régulateur britannique, à entreprendre une «réforme radicale» de la gestion d’actifs. Le FSCP estimait que des demandes de justification du caractère actif de la gestion par le régulateur pourraient permettre de mettre un terme aux dérives des «closet trackers».
Alors que l’Esma ainsi que les régulateurs danois et norvégiens se sont penchés sur la question, «ce sujet (…) mérite d’être inscrit à l’agenda européen», a déclaré au FT Per Bolund. Faute de quoi la confiance des investisseurs pourrait «se détériorer». Début février, la société de gestion Neptune IM avait annoncé qu’elle rendrait publique la «part réellement active» de chacun de ses fonds.
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