La surestimation du phénomène de restockage, le plongeon de l’investissement et une consommation en berne font chuter le PIB de 6,2%
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Tân Le Quang
Les Etats-Unis n’ont finalement bénéficié d’aucun filet de sécurité au dernier trimestre 2008, le phénomène de restockage des entreprises rapporté début février par le département du Commerce américain n’ayant pas eu lieu. Une nouvelle qui alourdit le bilan économique outre-Atlantique déjà désastreux. De fait, l’estimation du PIB entre octobre et décembre a été fortement abaissée, son recul en rythme annualisé passant de -3,8% à -6,2%. Le consensus anticipait une contraction de 5,4%. «Au lieu d’ajouter 1,32 point de pourcentage (pp) au PIB réel au dernier trimestre, le chiffre révisé des stocks montre une maigre contribution de 0,16pp», note Calyon. Les entreprises ont aussi davantage levé le pied en matière d’investissements fixes, ces derniers ayant reculé de 21,1%, après ajustement, au lieu de 19,1%.
La chute libre de l’activité américaine, la pire depuis 1982, a aussi été nourrie par un plongeon de 23,6% des exportations, contre 19,7% en première estimation. Un record depuis 1971. Celles-ci étaient encore en hausse de 3% lors du trimestre précédent. Estimée initialement proche de zéro, la contribution des exportations nettes au PIB, au dernier trimestre, est ressortie négative à -0,46pp. Quant au moteur de la croissance américaine, à savoir les dépenses de consommation des ménages, elles ont reculé de 4,3%, soit 0,8pp de plus qu’en première estimation.
Alors que la croissance américaine en 2008 s’établit au bout du compte à +1,1% en 2008, après +2% en 2007, l’écroulement de la confiance des ménages et la baisse des prix immobiliers en février sont de mauvais augure pour le premier trimestre.
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