La prime d’illiquidité des marchés privés attire les fonds souverains

Les fonds souverains se tournent vers des actifs non cotés, selon une étude de State Street et du Forum international des fonds souverains.
Benoît de la Morinière
infrastructure autoroute
Les investissements privés non côtés, notamment d'infrastructures, ont la faveur des fonds souverains.  -  Photo DR.

Depuis quelques années, les fonds souverains ont renforcé leur exposition aux investissements privés non côtés, immobiliers et d’infrastructures, au détriment des actifs cotés, montrent les deux livres blancs publiés la semaine dernière par State Street et le Forum international des fonds souverains (IFSWF). «Comme la plupart des investisseurs dans la conjoncture économique actuelle, les fonds souverains tentent de concilier la théorie financière classique et les complexités que présentent les conditions réelles du monde d’aujourd’hui», avance Will Kinlaw, responsable mondial de State Street Associates.

Les possibilités d’investir en immobilier et dans les infrastructures restent très faibles sur les marchés côtés. L’investissement sur les marchés privés permet ainsi une plus grande diversification du risque et offre davantage d’opportunités. Les fonds souverains estiment pour la plupart pouvoir bénéficier de la prime d’illiquidité des marchés privés en raison de leurs engagements de long terme. L’illiquidité représente près de 25% de la prime obtenue par les investissements en private equity par rapport aux marchés boursiers, souligne d’ailleurs Mark Kritzman, professeur au MIT cité dans le rapport.

Si le jeu en vaut la chandelle, les risques n’en restent pas moins élevés. Les fonds interrogés reconnaissent d’ailleurs des controverses internes sur la viabilité de ces investissements et sur l’évaluation appropriée des risques. Il faut en effet déterminer si la prime d’illiquidité suffit à justifier le risque supplémentaire encouru. Reste encore à rassurer les parties prenantes (conseils de direction, représentants du gouvernement ou élus) avant de lancer un tel programme d’investissement, ce qui représente un coût supplémentaire, comme l’illustrent les débats actuellement en cours sur l’allocation d’actifs appropriée pour le fonds souverain norvégien.

Les résultats de l'étude suggèrent de se positionner progressivement. «Il faut du temps pour mettre en place une bonne équipe capable de gérer des investissements sur les marchés privés, en particulier pour les investissements directs». Et ce même si «la performance de certains managers est vue comme étant plus durable dans certains secteurs des marchés privés comme le private equity, ce qui rend plus facile de choisir les bons managers.»

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