Le conseil d’administration du groupe se penche aujourd’hui sur la création d’un OPCI auquel seront transférés des centres de tri
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Alexandre Garabedian
En plein débat sur ses moyens et l’ouverture de son capital, La Poste a trouvé une autre source de financement: la monétisation de son patrimoine immobilier d’exploitation. Le conseil d’administration de l’opérateur doit donner aujourd’hui son feu vert au projet Akatea, qui vise à créer un organisme de placement collectif en immobilier (OPCI) dans lequel seraient transférés des plates-formes de traitement du colis et du courrier.
La Poste conservera 20% de cette structure à travers sa filiale Poste Immo. Le reste du capital sera détenu par une dizaine d’investisseurs institutionnels, issus notamment du monde de l’assurance mutualiste ou de la banque. Le groupe restera locataire de ces sites et aura en charge leur rénovation. Le produit de cette vente partielle d’actifs servira à la modernisation de l’outil industriel de La Poste.
L’établissement public a cependant dû revoir ses ambitions à la baisse. Dans un premier temps, le projet proposé au conseil d’administration en juin dernier devait porter sur dix sites, dont huit centres de tri, pour un gain de 200 millions d’euros. De sources proches du dossier, le périmètre concerné et le montant des cessions attendues auraient été réduits de moitié.
Rapportés à l’ensemble du patrimoine immobilier de la Poste, qui dépasse les 4 milliards d’euros, cette transaction reste de taille modeste. Elle n’en constitue pas moins un précédent, qui pourra donner lieu à d’autres opérations de ce type en cas de succès. Ce qui n’est pas sans causer des grincements de dents du côté des syndicats du groupe, Sud PTT évoquant hier dans un communiqué le transfert «du patrimoine public entre les mains d’un consortium de spéculateurs ou d’entreprises exposées aux aléas de la crise économique».
Le conseil d’administration de La Poste devrait aussi se pencher sur les perspectives budgétaires 2009. Un exercice qui interviendra à la veille d’une réunion à l’Elysée vendredi après-midi, en présence de Nicolas Sarkozy, sur les pistes de réforme du groupe. La commission Ailleret, mise sur pied par le président de la République, a estimé à trois milliards d’euros les besoins de financement de La Poste sur la période 2009-2011, et plaidé pour une ouverture de son capital à des investisseurs publics.
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