La politique adoptée par la Fed n’est pas sans risque
Cherchant à détendre le coût du crédit, la banque centrale devra aussi veiller à bien gérer la sortie de ses actions non conventionnelles
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Tân Le Quang
Face au risque de déflation outre-Atlantique, la Réserve fédérale a décidé mardi d’endosser le rôle d’apporteur de liquidités de premier recours en officialisant sa politique à taux zéro et en l’assouplissant quantitativement. Cette stratégie, déjà entamée dans la pratique et qui s’est traduite par une extension du bilan de la Fed via la hausse de ses dettes monétaires, vise à détendre le coût du crédit et relancer la machine économique. De fait, la banque centrale va acheter des papiers commerciaux, des titrisations de crédits aux PME et à la consommation. Elle pourrait aussi dépasser le montant déjà annoncé de 600 milliards de dollars de prêts hypothécaires garantis par les agences Fannie Mae et Freddie Mac. «Le but est de peser davantage sur les taux de crédit à l’habitat et favoriser les refinancements hypothécaires dans des conditions plus favorables pour les ménages», note Oddo. L’institution envisage l’achat de titres longs d’Etat, ce qui mènerait, aux yeux d’Aurel, à «une détenterapide des rendements à long terme qui se transmettra mécaniquement aux agents non financiers ou qui permettra à ces derniers de trouver des financements». Pour Natixis AM, l’objectif est de permettre une relance au plus tôt des dépenses des ménages. En réaction aux annonces de la Fed, les taux longs à 10 et 30 ans ont reflué hier de 45 et 35 pb à 2,07% et 2,58%.
Mais cette stratégie n’est pas sans risque. «Cette nouvelle politique fait peur. Elle peut indiquer que l'économie est dans une trappe à la liquidité, cette situation où le taux d’intérêt est très bas et où l’augmentation de la quantité de monnaie est sans efficacité sur l’activité économique», remarque Natixis AM qui fait référence au cas japonais. Alors que le bilan de la Fed représente déjà 15 % du PIB des Etats-Unis, Calyon avertit que son extension doit être réduite à un niveau plus soutenable afin d’éviter le retour de l’inflation à long terme et d’assurer la normalisation des taux courts. Alors que la Fed a rappelé sa volonté de préserver la stabilité des prix, l’enjeu majeur pour elle, selon Oddo, est de mener à bien sa stratégie de reflation à court terme, mais aussi de préparer la sortie de ces actions non conventionnelles. «Dans un environnement où les repères sont rares, le risque d’erreur, dans les actions ou dans la communication, n’est pas mince», ajoute le courtier.
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