La marge de manœuvre de la BoE est désormais limitée
Jean-Louis Mourier, coresponsable de la recherche économique & stratégie chez Aurel BGC
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Tân Le Quang
L’Agefi: Au vu du tassement de la croissance de la masse monétaire et du crédit en zone euro, quelle politique monétaire devrait adopter la BCE ces six prochains mois?
Jean-Louis Mourier: Le ralentissement des agrégats monétaires est en effet brutal. L’encours de crédit aux ménages s’est contracté en octobre et novembre, pour la première fois depuis la naissance de l’euro. Ces éléments, comme le ralentissement très marqué de l’inflation, plaident évidemment pour la poursuite de la détente de la politique monétaire européenne. Pourtant, après une nouvelle baisse de 50 points de base de ses taux directeurs cette semaine, la BCE pourrait bien décider de marquer une pause. Il s’agirait d’observer les effets de la forte détente de la politique monétaire engagée depuis le début du mois d’octobre. Il s’agirait aussi de se donner le temps d’examiner les différents plans de relance annoncés par les gouvernements des Etats membres de l’Union économique et monétaire afin d’en évaluer les montants réels et l’impact potentiel sur l’activité et sur l’inflation future.
La Banque d’Angleterre est-elle condamnée, à l’instar de la Fed, à converger rapidement vers une politique de taux zéro?
La Banque d’Angleterre a baissé ses taux directeurs très rapidement. Ce mouvement reflétait un sentiment d’urgence face à une dégradation accélérée de l’activité économique, accompagnée d’un risque non négligeable de déflation. Avec un taux de repo à 1,5%, ses marges de manœuvre sont désormais limitées. Elle n’hésitera pas à mener une politique de taux zéro, si elle l’estime nécessaire. Mais elle ne devrait pas être acculée à cette extrémité. La clé sera dans son prochain rapport sur l’inflation, publié mi-février.
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