Un accord sur un gouvernement de coalition, sans Georges Papandréou à sa tête, a été scellé
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Antoine Duroyon
Légende : Georges Papandréou au parlement grec. Photo : Angelos Tzortzinis/Bloomberg
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Le mélodrame grec s’approche du dénouement. Le Premier ministre et le leader de l’opposition conservatrice ont dévoilé hier soir un accord sur un gouvernement de coalition. Les deux hommes doivent se revoir aujourd’hui pour évoquer le choix du futur chef du gouvernement. Une chose est sûre : il ne s’agira pas de Georges Papandréou (photo). La confiance du Parlement, arrachée vendredi soir avec trois voix d’avance, n’a pas fait illusion. Les députés ont surtout salué son choix d’enclencher la transition.
Après la décision de Georges Papandréou de remiser sa proposition de référendum sur le plan entériné fin octobre, une volonté unanimement décriée par les partenaires européens, la perspective d’un gouvernement de coalition a mobilisé les responsables politiques tout le week-end. Le président Karolos Papoulias a joué le rôle de médiateur entre le Premier ministre et le chef de file de l’opposition conservatrice, Antonis Samaras, qui s'était façonné une posture intransigeante, appelant avant toute chose à la démission de Papandréou et à la tenue d'élections législatives anticipées. «Cette incertitude qui torture le peuple grec doit cesser. Nous devons trouver une solution» avait déclaré dans la journée Georges Papandréou avant un entretien avec le chef de la formation Nouvelle Démocratie. Affligée, la presse grecque a évoqué un «marchandage à bord du Titanic».
La pression en vue d’un accord était forte, le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, devant retrouver aujourd’hui à Bruxelles ses homologues européens. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, avait jeté un peu d’huile sur le feu hier en déclarant que les Européens se préparaient à tous les scénarios, dont une sortie de la Grèce de la zone euro. Pour Alan Ruskin, responsable de la stratégie devises G10 chez Deutsche Bank, c’est en tout cas «le meilleur scénario» qui s’impose. «Cela pourrait déclencher un bref rallye de soulagement. Mais cela ne durera pas et nous devrons bientôt nous concentrer à nouveau sur l’Italie», estime-t-il.
Même si Georges Papandréou et Antonis Samaras doivent discuter aujourd’hui de l’identité du futur Premier ministre, le nom d’Evangelos Venizelos est évoqué ainsi que celui de Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE. «Si tout se déroule comme prévu», le nouvel exécutif devrait entrer en fonctions et obtenir la confiance du Parlement d’ici une semaine, a indiqué hier le porte-parole du gouvernement de George Papandréou, Ilias Mossialos. «C’est un jour historique pour la Grèce» a-t-il souligné.
Avec cette nouvelle, l’euro s’est raffermi face au billet vert, s'établissant à 1,3285 dollar dans les premiers échanges en Asie, contre 1,3764 dollar vendredi à New-York. Mais des points restent en suspens, dont la durée du mandat de ce gouvernement intérimaire avant la tenue d'élections législatives anticipées. Il faudra en tout cas attendre jusqu’au 19 février 2012, a annoncé cette nuit le ministère des Finances. Ces élections ne seront en effet organisées qu’après l’approbation par le Parlement grec et l’entrée en vigueur du plan de financement européen de fin octobre, a précisé la présidence grecque dans un communiqué. Georges Papandréou, qui militait pour ce calendrier, a obtenu gain de cause sur ce point mais paie aujourd’hui le prix d’un pari politique qui l’a rapidement marginalisé.
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