Une contraction de l’activité est à prévoir entre le dernier trimestre 2008 et la mi-2009, selon la dernière note de conjoncture de l’Insee
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Yves-Marc Le Réour
Ce n’était que partie remise. La croissance de 0,1% du PIB enregistrée en France au troisième trimestre constituait bien une éclaircie avant l’orage, si l’on en croit la dernière note de conjoncture de l’Insee. L’institut prévoit en effet désormais une récession début 2009 pour la quasi-totalité des pays industrialisés, auquel cas «la Francen’y ferait pas exception». Le recul de l’activité française devrait être particulièrement marqué au quatrième trimestre 2008 (-0,8%) en raison principalement d’un effet de destockage touchant de nombreux pans de l’industrie manufacturière, notamment l’automobile confrontée à une crise mondiale. Au recul de la production industrielle s’ajouterait la contribution négative de la construction qui souffre toujours de la mauvaise orientation des marchés du crédit et de l’immobilier.
Malgré un repli marqué de l’indice des prix à la consommation qui n’atteindrait plus en France que 0,3% en juin 2009 (1,8% pour l’inflation sous-jacente) suite au mouvement de baisse généralisé des cours des matières premières, la consommation devrait être pénalisée au cours du premier semestre 2009 par la hausse du taux de chômage qui à 8% «reviendrait en milieu d’année à son niveau de mi-2007». L’activité devrait donc encore se contracter de 0,4% au premier trimestre 2009, les exportations continuant d’être pénalisées par «labaisse de la demande mondiale adressée à la France estiméeà 3% entre le troisième trimestre 2008 et la mi-2009».
L’investissement productif ne devrait pas davantage constituer une planche de salut, estime l’Insee en s’appuyant sur la Banque de France qui anticipe un durcissement des conditions de financement dans les mois à venir. La croissance quasi étale (-0,1%) attendue par l’Insee au deuxième trimestre proviendrait «des premiers effets du plan de relance et sous l’hypothèse que l’action vigoureuse des banques centrales et des Etats de par le monde se révèle efficace pour apaiser les tensions financières». En conclusion, «l’acquis de croissance pour l’année 2009 à l’issue du deuxième trimestre, qui ressort à -1,1%, serait nettement négatif», souligne l’institut, l’évolution incertaine des marchés financiers constituant la principale source d’aléas autour de ce scénario.
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