La France est le nouveau point de mire du marché des CDS
Les volumes notionnels nets traités sur le CDS de la France ont doublé à 25,7 milliards de dollars fin août, dépassant ainsi ceux de l’Italie
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Patrick Aussannaire
Le ministère des finances vu de la BnF. Photo: PHB/Agefi
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Les inquiétudes se tournent vers la France. Le nombre de contrats traités pour se couvrir contre le risque de défaut souverain français (credit default swaps) a dépassé celui de l’Italie en août. Selon les données de la chambre de compensation DTCC, les volumes notionnels nets sur le CDS de la France ont en effet plus que doublé en un an pour atteindre fin août le montant de 25,7 milliards de dollars. Dans le même temps, les volumes sur le CDS italien sont restés stables à 24,7 milliards de dollars. Les opérateurs ont échangé quelque 512 contrats pour assurer quotidiennement des montants moyens de 891 millions d’euros sur la dette française durant la semaine du 22 au 26 août. Ce qui en fait la signature la plus traitée sur les marchés dérivés parmi les 1.000 entités couvertes par DTCC.
Le CDS français est le plus élevé des émetteurs souverains AAA. Il a atteint hier 185 bp hier. Dans un contexte de défiance des investisseurs vis-à-vis des dettes européennes, «l’Allemagne ne fait pas un bon candidat, alors les investisseurs se tournent vers la France car sa dette possède moins le rôle pivot de valeur refuge dont bénéficie l’Allemagne» explique Michael Hampden-Turner, stratégiste chez Citigroup. Le spread entre les CDS français et allemands a atteint 89 points de base (bp) en août, avant de se détendre à 82 bp suite au lancement du programme de rachat d’obligations souveraines espagnoles et italiennes sur le marché par la BCE le 8 août dernier. Soit un écart équivalent à celui des rendements de l’OAT et du Bund à 10 ans.
En ligne de mire des craintes des marchés: la perte du précieux «AAA» français. La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a d’ailleurs évalué qu’une dégradation de la note souveraine du pays coûterait 5 milliards d’euros par an au budget de l’Etat.
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