La France accroît de 17 milliards d’euros son programme d'émission
L’Agence France Trésor s’estime en mesure d'étaler sur l’année ce surplus de 10%. D’autres pays européens devraient lui emboîter le pas
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Alexandre Garabedian
Paris accroîtra de 17 milliards d’euros ses émissions de dette publique prévues cette année. Le dérapage du déficit a conduit hier l’Agence France Trésor (AFT) à annoncer un nouveau programme de financement pour 2009, qui prévoit désormais de placer 155 milliards de BTAN et d’OAT au lieu de 145 milliards, et 37 milliards de bons du Trésor (BTF) au lieu de 30 milliards.
Philippe Mills, le directeur général de l’AFT, a indiqué hier à Reuters être «confiant sur la capacité du marché à absorber» ce surplus d’émission de 10%. Une précision utile à l’heure où les Etats sollicitent massivement les investisseurs –les membres de la zone euro ont annoncé des besoins à moyen et long terme de 800 milliards d’euros pour 2009– et où certains pays (Irlande, Autriche…) voient leur solidité mise en cause.
De fait, l’AFT a déjà réalisé en janvier et février 20% de son programme annuel à moyen et long terme, soit 15,5 milliards d’émissions chaque mois. Un rythme qu’elle devra maintenir sur le reste de l’année, mais avec deux journées d’adjudication supplémentaires par rapport à 2008, les premières semaines d’août et de décembre. Le surcroît d’émissions de BTF sera lui, réparti sur les 44 adjudications restantes d’ici à la fin de l’année.
Par ailleurs, les spécialistes en valeurs du Trésor s’attendaient déjà, en moyenne, à ce que le programme français de financement atteigne plutôt la fourchette de 155 à 160 milliards d’euros. En officialisant hier assez tôt dans l’année le creusement de ses besoins, Paris s’est livré à un exercice auquel les autres Trésors européens devraient eux aussi être contraints, vu la détérioration rapide de leurs finances.
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