La Fed laisse la porte ouverte à une hausse des taux en décembre
Un FOMC divisé a opté hier pour le statu quo monétaire en attendant des signaux positifs supplémentaires.
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Antoine Duroyon
Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis.
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Photo Fed.
Statu quo. Une Réserve fédérale partagée a laissé hier ses taux d’intérêt inchangés dans l’attente de données supplémentaires. «Les risques à court terme pour la conjoncture économique apparaissent dans l’ensemble équilibrés», a souligné le Comité de politique monétaire (FOMC) dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de deux jours à Washington. «Le Comité considère que la justification d’une hausse des taux des Fed funds s’est renforcée mais a décidé, pour le moment, d’attendre des signes de progrès supplémentaires».
Le FOMC a donc choisi, pour la sixième fois consécutive, de ne pas succomber à un mouvement de resserrement monétaire. Cette décision a fait l’objet d’intenses débats. Trois responsables - la présidente de la Fed de Kansas City Esther George, sa consoeur de Cleveland Loretta Mester et le responsable de la Fed de Boston Eric Rosengren - ont voté en faveur d’une hausse d’un quart de point. «Notre décision ne reflète pas un manque de confiance dans l'économie. La situation du marché du travail se renforce et nous anticipons que cela va se poursuivre. Bien que l’inflation demeure faible, nous nous attendons à ce qu’elle augmente vers l’objectif de 2% avec le temps», a souligné la présidente de la Fed, Janet Yellen, au début de sa conférence de presse.
Le FOMC se réunira encore début novembre puis mi-décembre mais les économistes jugent peu probable une hausse de taux en novembre, quelques jours seulement avant l'élection présidentielle américaine. «Si la Fed a laissé les taux inchangés, le vote très inhabituel de sept contre trois illustre l’ampleur du dilemme auquel elle est confrontée en matière de politique monétaire et il rend plus probable une hausse en décembre», a commenté Mohamed El Erian, chef économiste d’Allianz. Trois des 17 responsables de la banque centrale estiment toutefois que les taux devraient rester inchangés jusqu’en 2017.
La Fed prévoit en outre une remontée moins rapide des taux d’intérêt l’an prochain et en 2018 et elle a abaissé sa prévision de taux à plus long terme, à 2,9% contre 3,0% jusqu'à présent. Ces nouvelles prévisions ont provoqué une baisse du dollar et des rendements des emprunts d’Etat américains tandis que Wall Street amplifiait sa progression, pour finir sur une hausse marquée, l’indice Dow Jones gagnant 0,9% et le Nasdaq 1,03%, à un record de clôture.
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