La faillite précipitée de Lehman Brothers a coûté jusqu’à 75 milliards de dollars
Le cabinet chargé de la restructuration de la banque estime qu’elle s’est bien maladroitement préparée au Chapitre 11
Publié le
Benoît Menou
La mise en faillite d’urgence de Lehman Brothers a fait perdre jusqu'à 75 milliards de dollars de valeur potentielle aux créanciers de la banque américaine, ont rapporté hier le Wall Street Journal et Bloomberg, citant une analyse des conseillers en restructuration de Lehman, le cabinet Alvarez & Marsal.
Si la banque s'était mieux préparée avant de demander à être placée sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, elle aurait pu vendre une partie de ses actifs en dehors du cadre prévu par cette procédure et aurait de surcroît eu le loisir de dénouer des positions sur des produits dérivés. Selon une source anonyme de Bloomberg, un grand nombre des 900.000 contrats sur dérivés annulés par les contreparties de Lehman en septembre étaient alors bénéfiques pour la banque.
Le responsable de la restructuration de la banque, Bryan Marsal, estimerait ainsi que les créanciers auraient pu espérer récupérer entre 50 et 75 milliards supplémentaires. Le responsable du cabinet doit remplacer cette semaine Richard Fuld en tant que directeur général de Lehman Brothers.
Le Wall Street Journal a précisé par ailleurs qu’il est encore trop tôt pour savoir combien pourront récupérer les créanciers de la banque. Lehman Brothers a déposé son bilan en septembre après le refus du gouvernement américain de lui accorder une aide d’urgence et l'échec de 48 heures de négociations pour tenter de sauver la banque d’investissement.
Alvarez & Marsal a indiqué le mois dernier qu’il solliciterait le travail de quelque 620 salariés d’ici le 31 décembre dédiés à la liquidation de Lehman Brothers. La plupart des nouveaux salariés sur ce dossier devront dénouer les positions en produits dérivés de la banque afin de préserver les intérêts de ses créanciers. Le montant des actifs de l’établissement de Wall Street s’élevait à quelque 639 milliards de dollars lors de son placement sous la protection du régime des faillites, dont 269 milliards d’instruments financiers.
La vente des actifs, dont l’activité de courtage, a permis jusqu’ici de dégager un gain de 3,5 milliards de dollars, selon un avocat de Lehman Brothers.
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