La demande flanche pour les émissions d’emprunts d’Etat espagnols
L’Espagne a emprunté à 10 ans à près de 7 %. Les adjudications de l’Agence France Trésor ont obtenu une demande plus soutenue
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Violaine Le Gall
L’envolée des rendements espagnols n’a pas incité les investisseurs à se positionner sur les nouveaux titres que le Trésor a vendus hier. L’Espagne n’a placé que 3,56 milliards d’euros d’obligations à 10 ans alors que l’objectif était fixé à 4 milliards. Le ratio de couverture, de 1,54, est bien inférieur à la moyenne de juin à octobre, de 1,81. Surtout, il est tombé au plus bas niveau depuis 2008. Pourtant, le rendement offert était particulièrement élevé, le plus haut depuis 1997.
Avec ce faible taux de couverture, il est finalement ressorti à 6,975 %. Le précédent record de l’année s'était établi à 5,986 % en juillet dernier. Après l'émission, le rendement à 10 ans espagnol a grimpé jusqu'à 6,74 %, avant de retomber autour de 6,5 % grâce à l’intervention de la Banque centrale européenne sur les marchés des obligations espagnoles, et italiennes. «L’adjudication espagnole souligne le stress sur les marchés, juge Luca Jellinek, responsable de la stratégie taux européens chez Crédit Agricole CIB. (…). Le point positif est que le Trésor espagnol peut encore lever des montants de cet ordre, avec le soutien de la BCE. Le point négatif est que les marchés restent extrêmement sceptiques, face à un ensemble d'éléments fondamentaux difficiles et à une politique contreproductive au niveau de l’Union européenne». Le Trésor espagnol doit encore réaliser 12% de son programme d'émission d’ici la fin de l’année.
L’Agence France Trésor a eu plus de succès hier avec ses émissions de BTAN à 2, 4 et 5 ans, et d’indexées à 5 et 10 ans. Elle a placé 8,05 milliards d’euros de titres au total, le haut de la fourchette indicative ayant été fixé à 8,2 milliards. Le ratio de couverture sur l’ensemble des BTAN est ressorti à 2,1.
Mais la France subit les fortes tensions sur la dette européenne. Les rendements offerts par l’AFT étaient hier supérieurs d’environ 50 points de base (pb) à ceux établis sur les mêmes maturités lors des adjudications du 20 octobre dernier. Sur le marché secondaire, les rendements à 2 et 5 ans se sont écartés de plus de 60 pb depuis fin octobre. Sur le 10 ans, le spread OAT/Bund a cassé la barre des 2%, à 204 pb. Toutefois «la France ne se situe clairement pas encore dans le groupe des périphériques, malgré un risque clair sur sa notation et une performance décevante en matière de déficits jusqu’ici», tempère Luca Jellinek.
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