La dégradation de la demande prive Electrolux de visibilité

Le groupe suédois a annoncé 3.000 suppressions de postes supplémentaires et renoncé à son objectif de résultat opérationnel 2008
Benoît Menou

Electrolux a annoncé de nouvelles mesures de réduction de coûts afin de faire face à la nette détérioration de la demande en appareils ménagers au cours des deux dernières semaines de novembre et en décembre. Une baisse «considérable» de l’aveu même du groupe, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, qui aura un effet défavorable en termes de volumes écoulés mais aussi en ce qui concerne le mix produits.

Le groupe suédois doit ainsi concéder qu’il ne respectera pas son objectif d’un résultat opérationnel compris à données comparables entre 3,3 et 3,9 milliards de couronnes (entre 310 et 365 millions d’euros environ). Le groupe n’ose avancer un nouvel objectif. Il confie pourtant que le résultat opérationnel avoisinait 2,7 milliards de couronnes à fin novembre, et qu’au regard de la saisonnalité de faibles ventes en décembre, il existe une forte probabilité que le résultat soit négatif au titre du dernier mois de l’année.

Pour faire face à la détérioration de l’environnement, Electrolux a annoncé la suppression de 3.000 postes supplémentaires au cours du quatrième trimestre 2008 et en 2009, soit environ 5% de l’effectif total du groupe. Whirlpool, qui devance Electrolux au sein du secteur mondial des appareils ménagers, a de son côté engagé un plan de 5.000 suppressions de postes.

Electrolux intensifie ainsi son programme de réduction des coûts mis en œuvre tout au long de l’année écoulée. Le groupe scandinave devrait ainsi enregistrer une charge correspondante voisine de 1,2 milliard de couronnes au titre du trimestre en cours, tout en misant sur une économie annuelle ultérieure de 1,1 milliard, prenant son plein effet en 2010. Electrolux n’en remet pas pour autant en cause son plan de restructuration, dont la mise en œuvre devrait être achevée en 2009 ou 2010 et qui passe par de nouvelles réductions d’effectifs, notamment par le biais du transfert de capacités de production vers les pays à moindres coûts.

Pour autant, les mesures annoncées hier par le groupe de Stockholm sont tout simplement jugées insuffisantes par Ben Maslen, analyste de Merrill Lynch, qui attend davantage face à la triple menace pesant sur le mix produits, les volumes et la progression des coûts des matières premières. Le directeur général d’Electrolux, Hans Straaberg, avait, il est vrai, déjà concédé le mois dernier que la hausse des prix de vente en Europe ne suffirait pas à compenser la hausse des coûts.

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