La défiance des investisseurs chinois touche les introductions en Bourse
Il ne visait certainement pas aussi haut, mais le fabricant de systèmes de refroidissement pour automobiles, Baling Nanning, aura marqué l’histoire moderne des marchés chinois en étant la première société contrainte à abandonner son introduction en Bourse, faute de suffisamment éveiller l’intérêt des investisseurs. Dans le cadre de la réforme des marchés, depuis novembre 2010 une société désirant émettre moins de 400 millions d’actions doit s’assurer le soutien d’au moins vingt investisseurs institutionnels. Baling Nanning qui cherchait à lever un peu plus de 32 millions d’euros à la bourse de Shenzhen n’a pas réussi à les convaincre.
Cet échec intervient dans un contexte économique incertain. Malgré le resserrement de sa politique monétaire, la banque centrale n’est pas venue à bout de l’inflation. La récente hausse des tarifs de l’électricité et une sévère sécheresse devraient même pousser les prix à la hausse. De son côté le marché automobile subit un véritable retournement. Après des ventes exceptionnelles en 2009 (+46%) et 2010 (+32%), celles-ci plafonnent à +4% sur la période janvier-mai, avec les deux derniers mois dans le rouge. Enfin, le mois dernier, les exportations ont déçu les attentes des analystes.
La période invite à la prudence et les investisseurs sont également devenus plus regardants. Samsonite vient d’en prendre acte, contrainte de fixer le prix indicatif de son introduction sur la place de Hong Kong dans le bas de la fourchette. Symbole ce cette tendance, le Chinext, ce marché pour start-up censé flatter la légendaire empathie pour le risque de l’investisseur chinois perd 28% depuis le début de l’année. Les étrangers semblent eux aussi revisiter leurs certitudes sur les valeurs chinoises.
A la suite des récents scandales qui ont mis en lumière des pratiques comptables plus ou moins opaques, (lire l’Agefi du 7 juin) les entreprises cotées sur les places étrangères subissent les assauts des vendeurs à découvert. En Chine, les actions B qui sont directement accessibles aux étrangers sous-performent nettement. Depuis le 1er juin elles ont ainsi perdu 15,67% à Shanghai et 8,94% à Shenzhen, contre 1,49% et 0,90% pour les actions A.
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