La croissance française serait limitée à 1,3%, selon le FMI
Contrairement aux hypothèses macroéconomique du gouvernement français, qui vient de boucler son projet de loi de Finance pour 2017, la croissance économique héxagonale pourrait se limiter à 1,3% en 2016 comme en 2017, et non pas 1,5% comme l’espère Paris, estime le Fonds monétaire international (FMI). Dans la mise à jour de ses prévisions, publiée ce mardi, l’institution de Washington ne change en revanche rien à ses prévisions publiées l'été dernier pour la croissance mondiale, toujours de 3,1% cette année, avant de se redresser à 3,4% en 2017, grâce essentiellement aux pays émergents et dans le contexte d’un commerce mondial toujours anémique.
Le FMI, qui confirme s’il en était besoin la faiblesse de la reprise économique dans le monde, se montre toutefois un peu moins pessimiste que l’OCDE qui tablait récemment sur une croissance mondiale de 2,9% cette année avant 3,2% l’an prochain.
Parmi les pays émergents, l’amélioration est perceptible en Inde dont le PIB pourrait augmenter de 0,2 point supplémentaire à 7,6% en 2016 comme en 2017, de la Russie où la récession serait moins sévère en 2016 avec une contraction de «seulement» 0,8% au lieu de 1,2% redouté initialement, avant un rebond de 1,1% en 2017, soit 0,1 point de plus que prévu. Pas de surprise concernant la Chine dont la croissance prévue est maintenue à 6,6% cette année avant de s’effriter à 6,2% en 2017.
Côté économies avancées, les perspectives sont mitigées. En Zone Euro, l’activité pourrait accélérer, le FMI relevant de 0,1 point ses prévisions à 1,7% en 2016 et 1,5% en 2017. Hors zone, la Grande-Bretagne pourrait bien finir par faire les frais du Brexit. Le taux de croissance du PIB pourrait passer de 1,8% en 2016 à seulement 1,1% en 2017, soit 0,2 point de moins que dans les précédentes estimations, et cela dans l’hypothèse «où les négociations se passeraient bien et d’une hausse limitée des barrières économiques», précise l’institution de Bretton Woods.
Outre Atlantique, les Etats-Unis risquent de décevoir, le PIB ne devant augmenter que de 1,6% en 2016 au lieu de 2,2% espéré cet été, en raison d’une baisse des stocks et de la faiblesse de l’investissement des entreprises, notamment dans le secteur de l'énergie, explique le FMI. En 2017, l’activité s’amplifierait avec un taux de croissance de 2,2%, en retrait de 0,3 point par rapport aux attentes de l'été.
S’agissant des politiques monétaires menées dans le monde, le FMI juge appropriée la baisse de taux décidée en août par la Banque d’Angleterre après le vote sur le Brexit, approuve la pause dans la remontée des taux de la Réserve fédérale américaine tant que l’inflation des salaires et des prix ne repartira pas franchement et encourage la Banque centrale européenne (BCE) à maintenir sa politique accommodante et à ne pas hésiter à augmenter ses rachats d’actifs si l’inflation ne redécolle pas.
Mais il tire la sonnette d’alarme sur le besoin de réformes favorables à la croissance et l’utilisation des leviers budgétaires par les Etats qui disposent de marges suffisantes, les politiques monétaires ne pouvant suffire pour conforter une reprise de l'économie mondiale qui reste fragile et faible. Au-delà de ses recommandations habituelles, le Fonds leur réclame une «détermination renouvelée» à faire baisser les barrières commerciales face aux tendances contraires du moment.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché. -
Les derniers comptes des ACM valorisent Ardian à 5,9 milliards d'euros
Les Assurances du Crédit Mutuel détenaient 20 % de la structure de tête du gestionnaire français de non-coté à la fin de 2025. L'assureur est un de ses actionnaires de référence depuis 2013. -
L’AMF veut accompagner l’innovation financière tout en protégeant les épargnants
A l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers, sa présidente a qualifié les arnaques financières de « phénomène de société ». Elle continue à prôner le rôle majeur de la France dans le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement. -
QIA et Cofides s'allient pour soutenir le développement des PME espagnoles
QIA, le fonds souverain du Qatar, et Cofides, l’institution financière publique espagnole, ont annoncé un accord visant à créer un fonds d’investissement commun afin d’investir dans des projets stratégiques à travers l’Espagne.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu