La crise européenne teste la résistance du modèle de croissance chinois
La Banque mondiale prévoit une croissance chinoise de 9,1% cette année et de 8,4% en 2012. Des prévisions plus optimistes que celles de Pékin
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Patrick Aussannaire
La crise a un impact limité sur la Chine. Dans son rapport semestriel, la Banque mondiale prévoit une croissance du PIB chinois de 9,1% cette année, avant un ralentissement à 8,4% en 2012. Dans les prochaines années, la Chine devrait néanmoins croître à un rythme de 9% à 10% par an. Le PIB de ses voisins d’Asie de l’Est (Japon, Hong Kong, Corée du sud, Taiwan et Inde exclus) devrait croître de 4,7% cette année et de 5,3% en 2012.
Si l’institution reconnaît que «le ralentissement de la croissance en Europe affecte l’Asie orientale» et que «le resserrement du crédit opéré par les banques européennes peut également affecter les flux de capitaux», elle estime néanmoins que «d’importantes réserves et des comptes courants excédentaires préservent la plupart des pays de la région» d’une forte correction.
Des prévisions qui tranchent avec celles publiées hier par le Development Research Center of the State Council d’une croissance comprise entre 6 et 7% en moyenne dans la prochaine décennie avec un net ralentissement de l’investissement privé. Le premier ministre estimait lundi que «la seule chose dont nous pouvons être certains malgré toutes les incertitudes persistantes, c’est que la récession mondiale provoquée par la crise financière internationale va être chronique». Et d’ajouter que dans ce contexte, la Chine doit se concentrer sur ses problèmes domestiques.
La Chine a fait état d’une forte croissance de sa demande intérieure, avec une progression des ventes au détail sur les neuf premiers mois de 17% et de l’investissement privé de 34,2%. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les pays asiatiques doivent se réformer afin de «s’assurer une croissance plus forte tirée par la consommation intérieure».
Seul bémol d’importance. Un éclatement du marché immobilier chinois aurait «un impact très fort sur la demande domestique et le sentiment du consommateur» reconnaît la Banque. Mais elle estime néanmoins que le gouvernement bénéficie «de larges marges de manœuvre fiscales pour assouplir sa politique monétaire, d’autant plus que l’inflation semble aujourd’hui sur le déclin». Citigroup estime que si les autorités ne desserrent pas les verrous du crédit, l’investissement immobilier se «rétractera significativement» dans les deux prochains trimestres, «faisant chuter toute la chaîne de production et la croissance du PIB».
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