La consolidation boursière japonaise manque cruellement d’ambition internationale
Les opérateurs boursiers n’en finissent pas de se chercher des affinités, la consolidation faisant figure de nécessaire issue dans un contexte de concurrence mondiale tirant les commissions à la baisse. Une concurrence d’autant plus exacerbée par l’émergence d’acteurs alternatifs.
Reuters souligne que le volume des opérations de fusions-acquisitions au sein du secteur dans le monde a atteint 83 milliards de dollars ces cinq dernières années, dont 30 milliards depuis un an selon Bloomberg. L’union de certains opérateurs traditionnels peut apparaître comme relativement naturel. Il en est ainsi du projet de rapprochement dévoilé hier, à l’issue de négociations officiellement entamées en mars dernier, par les bourses de Tokyo et d’Osaka.
Le Tokyo Stock Exchange (TSE) et l’Osaka Securities Exchange (OSE) souhaitent fusionner début 2013 pour devenir le «Japan Exchange Group» après que le premier opérateur, non coté, a acquis une majorité (jusqu’à deux tiers) du capital de son concurrent coté (et qui le restera) par le biais d’une offre publique. Cette dernière, à raison de 480.000 yens offerts par titre de l’OSE, implique une capitalisation boursière du nouveau groupe de 3 milliards d’euros. Cette union donnerait naissance au troisième plus important marché boursier au monde de par la capitalisation totale des sociétés cotées, à 2.700 milliards d’euros (contre 8.900 et 3.000 milliards pour Nyse Euronext et Nasdaq OMX).
Le mariage apparaît certes naturel d’un point de vue tant géographique, naturellement, que sur celui de l’offre de produits. Alors que le TSE accapare la quasi-totalité du négoce d’actions au comptant, l’OSE séduit davantage les investisseurs sur les contrats à terme et autres dérivés.
Las, l’union ne déchaîne pas l’enthousiasme, manquant d’ambition internationale ou même régionale. Alors qu’elle devrait permettre de modestes économies annuelles de 67 millions d’euros selon ses initiateurs, l’opération n’en semble pas moins indispensable pour «gagner un peu de temps» selon l’expression du chef économiste d’Amundi au Japon, Akio Yoshino, qui relève que «ces bourses s’unissent pour survivre» dans un marché japonais déprimé. Face au dynamisme de «voisins» comme Shanghai ou Singapour notamment. Le TSE et l’OSE veulent en tout cas croire que leur rapprochement constituera «un pas vers la revitalisation de l’économie japonaise».
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